CHIARA MEICHTRY-GONET

MATHILDE-SOUS-GARE

Roman
2020. 160 pages. Prix: CHF 28.00
ISBN 978-2-88927-459-5


Biographie

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«Mathilde vendait des portraits de gares et de trains. Elle écoutait les gens, puis transcrivait leur histoire. Ses billets étaient publiés, discutés, suivis. Ils étaient signés, mais elle, elle n'existait pas. Elle se déplaçait constamment, brouillait les pistes.»
Mathilde-sous-Gare commence dans un train, quand Mathilde a dix-sept ans. Elle vient de quitter Anna avec qui, lors d'une fugue organisée, elle a passé des jours, «au bord de la mer, à manger d'affreuses brioches à la glace.» Elle remonte vers le Nord, après une étape, à oublier, à Naples, entre deux trains.
Arrivée dans sa petite ville, elle sombre. Le contre-coup. Dans le café, sous les colonnes, avant de franchir les six kilomètres qui la séparent de chez elle, elle boit. Car elle qui écrit d'habitude facilement, ne trouve pas les mots. Sans doute est-ce parce qu'elle ressent «du vide partout autour d'elle et en elle.»
Quelques mois plus tard, quand Mathilde revoit Anna, celle-ci n'est pas dupe et comprend tout. Elle voit «le voile dans sa pupille.» Ensemble elles enterrent le passé de Mathilde: «Maintenant, elle allait écouter les histoires du monde et remplir tout son vide.» Jusqu'à ce qu'elle rencontre Jean dans un train.
Mathilde a donc écouté les histoires du monde et les a transcrites. C'étaient des histoires de gares et de trains, en Italie, en France, en Espagne, en Roumanie, en Turquie, en Russie et même en Californie: «Elle ne volait rien aux gens. Elle leur donnait de la voix, donnait chair à leurs mots et les faisait exister.»
Jean n'a qu'une crainte, c'est que Mathilde ne parte à nouveau par voies ferrées et par gares. Mais elle reste. Leurs amours se distendent. Jean sombre, mais elle reste, sans pouvoir s'empêcher de regarder passer les trains. Jusqu'au jour où Anna lui annonce qu'elle se marie et l'invite à ses noces, dans le Sud.
Dès lors les amours de Mathilde et de Jean demeureront malgré une longue absence. Ils se manqueront, mais rêveront indéfiniment l'un à l'autre, où qu'ils se trouvent. Parce que leurs corps et leurs esprits se souviendront, parce que les mots de Mathilde resteront et parce que Jean, à la fin, saura même les dessiner.


Blog
de FRANCIS RICHARD

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Mathilde a dix-sept ans, et puis trente et presque cinquante. Elle aime les histoires, les gens et les portraits de gares. Elle aime les cols hauts, les chaussettes de fil et les collines du Sud. Et puis, elle aime Jean. Un jour, Jean a trébuché, assommé par la peur. Il s’est oublié. Mathilde est partie, sans se retourner. Incapable de pardonner, incapable de cesser d’aimer. L’amitié, la maternité assècheront sa peine, sans pourtant éteindre ses solitudes ou ses silences.
En forme de road movie ferroviaire, huis-clos intime entrecoupé de rêveries de passage et parsemé de personnages bizarres, lumineux ou parfaitement soûls, le roman se déroule au rythme d’une déchirure, entre les frissons du manque et l’embrasement des désirs. La culpabilité aussi, qui s’insinue sous les douceurs, la reconstruction, du corps et de la volonté, et le désespoir, finalement, des adieux.

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