BÜHLER, MICHEL



Manifestations, rencontres et signatures
Index des auteurs


1945
Le 30 avril, naissance, à Berne. Son père, Otto Bühler, est ébéniste. Sa mère, Marthe, née Hösli, est ménagère. Son frère, Henri, est né en 1939. La famille habite Bienne.

1946
Établissement des Bühler à Sainte-Croix, où demeure la famille de Marthe. Les oncles et cousins Hösli et Sueur, ouvriers dans les usines Thorens et Paillard, chantent beaucoup et lui donnent le goût de la chanson.

1950-1969
Études primaires et secondaires à Sainte-Croix. École Normale à Lausanne. Brevet d’instituteur en 1965. Quatre ans d’enseignement, au Brassus et aux Tuileries de Grandson. Il quitte définitivement l’enseignement en 1969.

1961-1965
Apprend à jouer de la guitare et donne ses premiers spectacles, interprétant Jacques Brel et Georges Brassens, notamment dans le cadre des Unions chrétiennes de jeunes gens.

1965
Rencontre avec l’accordéoniste Nono Müller, leur collaboration durera de nombreuses années.

1966
Écrit ses premières chansons: Les Gens de chez nous, Helvétiquement vôtre.
Premier engagement dans un cabaret: «Le Sixième Étage», à Genève.

1967
À Yverdon, rencontre le pianiste Jean-Pierre Bionda, le libraire et éditeur Rolf Kesselring, le programmateur radiophonique Marcel Kohler, et Denis Niklaus. Ces quatre amis l’incitent à «monter à Paris».
   
1968
Participe au concours radiophonique La Grande Chance, ainsi qu’à de nombreuses émissions produites par Émile Gardaz.
Premier disque 45 tours, chez Festival: Chanson pour toi. Arrangements de François Rauber.

1969
Rencontre le chanteur québécois Gilles Vigneault et l’éditeur musical parisien Gilles Bleiveis.
Gagne les deux premiers prix du concours de la CRPLF (Communauté radiophonique des programmes de langue française), Chanson sur mesure. Premier festival en Bulgarie.
De 1969 à 1971, enregistre trois disques 45 tours chez Festival, sous la direction artistique de Roger Marouani et de Claude Dejacques. Arrangements de Gaston Rochon. La chanson Helvétiquement vôtre suscite, en Suisse, quelques réactions indignées.

1970
S’installe à Paris, hébergé d’abord par le chanteur Jacques Serizier, puis par Gilles Bleiveis. Rencontre le musicien et arrangeur Michel Devy.
Représente la Suisse au Festival de Spa.
Premier livre: Les Contes de l’apothicaire, chez Rolf Kesselring, aux Éditions des Égraz, à Yverdon.

1971
Quinze jours au «Lapin-Vert», à Lausanne; le spectacle est produit par Denis Niklaus et Marcel Kohler.
Premier cabaret parisien: «Le Bateau ivre».
Premier disque 33 tours, chez Évasion: Le pays qui dort. Production de François Vautier et de Gaston Schaeffer. Arrangements de Léon Francioli. François Vautier et le contrebassiste Léon Francioli resteront des proches.
Du 26 octobre au 14 novembre: spectacle à «Bobino», à Paris, en première partie de Gilles Vigneault, avec François Béranger et le groupe américain «Mormos».
Début d’une collaboration avec Gilles Bleiveis, patron des Éditions Sibecar et des disques L’Escargot. Cette collaboration étroite durera jusqu’à la fin de l’aventure L’Escargot.

1972
Parution d’Avril 1990, chez Rolf Kesselring, aux Éditions des Égraz, à Yverdon.
Premier voyage au Québec, chez Gilles Vigneault.
Chante dans une «boîte à chanson», à Montréal, «Le Saint-Vincent».

1973
Deuxième disque 33 tours (reprise des 45 tours publiés par Festival): Helvétiquement vôtre, chez Epsilon. Production de Denis Niklaus.
Tournée en Tunisie avec le magicien Kassagi. Rencontre l’écrivain québecois Jean Royer.
Cabarets parisiens: «Chez Georges», «Le Bateau ivre», où il rencontre Benoît de Ruffy de Pontevès Gévaudan, qui coproduira le disque 33 tours Rasez les Alpes.
Première tournée, en Bretagne, avec Gilles Vigneault. Rencontre l’agent artistique Jean Terrier; leur collaboration durera jusqu’en 2004.
Premier passage aux «Faux-Nez» (Lausanne).

1974
Troisième disque 33 tours: Vivre nus, à L’Escargot. Production de Gilles Bleiveis. Arrangements de Michel Devy.
Grande tournée en France et en Belgique avec Gilles Vigneault.
Deuxième voyage au Québec.
Premier passage au «Vieux Château», chez Nicole Hesse, à Saint-Cergue.

1975
Toujours accompagné par Nono Müller et Léon Francioli. Représenté en Suisse par l’agent artistique René Richli.
À partir de là, et jusqu’à aujourd’hui: entre cinquante et cent spectacles par année en Suisse, en France et en Belgique, seul ou avec divers accompagnateurs.

1976
Quatrième disque 33 tours: Immigré, à L’Escargot. Production de Gilles Bleiveis. Arrangements de Michel Devy. Importante réception médiatique et nombreux engagements.

1977
Cinquième disque 33 tours: Ici, à L’Escargot. Production de Gilles Bleiveis. Arrangements de Jean Morlier.
Spectacle à «La Vieille Grille», à Paris.

1978
Sixième disque 33 tours: Simple histoire, à L’Escargot. Production de Gilles Bleiveis. Arrangements de Jean Morlier.
Collaboration à la série télévisée «Un regard s’arrête», produite par Pierre Gisling, Télévision suisse romande.

1979
«Fête de la Chanson romande». Lausanne-Bellerive.
Spectacle à «La Cour des Miracles», à Paris. Rencontre avec le musicien et arrangeur Claude Arini.

1980
Septième disque 33 tours: La Belle Folie, à L’Escargot. Production de Gilles Bleiveis. Arrangements de Claude Arini.
En spectacle, est accompagné par Claude Arini, Gérard Cohen, Michel Menahemoff et Philippe Leroux.
Publie, chez Pierre-Marcel Favre, à Lausanne, Contes et Chansons.
Spectacle à «L’Olympia».

1981
Voyage dans le golfe du Siam. Séjour dans la région de Tamanrasset avec Jean-Claude Menétrey.
Mort d’Otto Bühler.

1982
Spectacles avec Pascal Auberson à «L’Octogone» de Pully, puis en Suisse romande, production Jacques Albiez.
Voyages: Hoggar (Sahara), Israël et les territoires occupés.
Tournée en Suisse alémanique.

1983
Voyage au Sénégal.
Tournée au Québec, accompagné par Léon Francioli.

1984
Romans-photos avec Bruno Leandri, de Fluide glacial.
Voyages: Nicaragua, Pérou et Bolivie.

1985
Concerts pour l’Éthiopie, avec Pascal Auberson, Graeme Allwright et le groupe BBFC.
Voyages: Éthiopie, Beyrouth (Liban).
Élection au Conseil communal de Sainte-Croix.

1986
Spectacle aux «Faux-Nez», à Lausanne.
Huitième disque 33 tours: Rasez les Alpes, à L’Escargot. Production de Gilles Bleiveis, Benoît de Ruffy de Pontevès Gévaudan, Claude Arini et Michel Bühler. Arrangements de Claude Arini.
Traversée des États-Unis.

1987
Parution du roman La Parole volée, chez Bernard Campiche Éditeur. Cette évocation de la fermeture des usines de Sainte-Croix, en 1984, obtient un grand succès public et critique.
Neuvième disque 33 tours: Il aimait les rires, chez Évasion. Production de Michel Bühler. Arrangements de Léon Francioli. Pochette du disque de Raymond Burki.
Voyages: Israël, Grèce; Tamanrasset (Hoggar) en compagnie de Frank Musy.

1988
Spectacle Le Retour du Major Davel, mis en scène par Gérard Bétant, créé à «L’Octogone» de Pully, puis repris de nombreuses fois en Suisse romande.
Dixième disque 33 tours: Le Retour du Major Davel, chez Évasion. Production de Michel Bühler. Arrangements de Claude Arini.
Prix littéraire Lipp-Genève pour La Parole volée.

1988
Traversée du Sahara, Alger-Ouagadougou, avec Frank Musy et Pierre Friderici.

1989
Pièce de théâtre: La Véritable Histoire de Guillaume Tell, à «L’Octogone» de Pully, par le «Théâtre Tel Quel», mise en scène de Gérard Bétant.
Parution, chez Bernard Campiche Éditeur, des deux pièces: Le Retour du Major Davel et de La Véritable Histoire de Guillaume Tell.
Voyages: Nicaragua, Guatémala et Mexique, avec Jean-Louis Millet, «Mimile».

1989
Voyage en Roumanie, dans le cadre de l’«Opération Villages roumains».

1990
Pièce de théâtre: L’Affaire Elvira Sanchez, à «L’Octogone» de Pully, par le «Théâtre Tel Quel», mise en scène de Gérard Bétant, publiée chez Pierre-Marcel Favre, à Lausanne.
Début de la restauration de la Grange à Delphine, à Médières (Valais), avec Marcel Gard et Jean-Claude Menétrey.
Tournée au Québec et à Moscou, accompagné par Léon Francioli.
Voyage en Haïti.

1991
Toutes les chansons, un coffret-CD de cent trente chansons, regroupant tous les enregistrements jusqu’en 1991. Chez Évasion. Production Michel Bühler. Illustrations de Gilles Poulou.
Pièce de théâtre: Le Chasseur de loup, à Grandson, dans le cadre du 700e anniversaire de la Confédération. Mise en scène de Gil Pidoux. Publiée par Les Cahiers du Balcon du Jura.
Long séjour en Haïti dans le cadre d’une opération de la Radio suisse romande, avec Frank Musy.
Voyage dans les Antilles.

1992
Cabarete, récit édité par Bernard Campiche Éditeur.
Festival d’Avignon avec Sarclo, le Bel Hubert, Cuche et Barbezat, Claude Semal.
Inauguration de la Grange à Delphine.
Rencontre de sa compagne, Anne Crété.
Voyage en Argentine.

1993
CD: L’Autre chemin, chez Évasion. Production de Michel Bühler. Arrangements de Léon Francioli.
Spectacle aux «Faux-Nez», Les Chansons de Jean Villard Gilles, avec Sarclo, Léon Francioli et Gaspard Glaus. CD: enregistrement public chez Évasion. Tournée en Suisse romande.
Participation aux Francofolies de Montréal.
Voyage en Haïti.

1994
Monologue: L’Homme qu’il nous faut, à L’Échandole d’Yverdon. Mise en scène de Gérard Bétant.
Pièce de théâtre: L’Ombre du zèbre, au «Théâtre de Vidy-Lausanne», par le «Théâtre Tel Quel». Mise en scène de Georges Brasey.
Ces deux textes ont été publiés conjointement par les Éditions L’Âge d’Homme, à Lausanne.
Voyage au Mali, pour le CIDE (Comité international des droits de l’enfant).

1995
Un notable, roman édité par Bernard Campiche Éditeur.
La Fête à Bühler, spectacle au Théâtre de l’Échandole, par Florence Chitacumbi, Valérie Lou, Denis Alber, Le Bel Hubert, Pascal Rinaldi et Thierry Romanens. CD: enregistrement public chez Disques Office.
Spectacles d’hiver dans la Drôme.

1996
Voyages au Burundi, au Zaïre (Sud Kivu), pour «Radio Hirondelle», et au Québec.

1997
CD: Jusqu’à quand?, chez Disques Office. Production de Michel Bühler. Arrangements de Léon Francioli.
Spectacle de chansons au «Café de la Danse», à Paris. Production Françoise Houriet, Jean Terrier et Association des Amis de Michel Bühler.
Scénario original du téléfilm Charmants voisins, Télévision suisse romande.
Voyage au Nicaragua.

1998
Spectacles de chansons: Schweizer sein, Être Suisses, Essere Svizzeri, avec Franz Hohler et Marco Zappa. Deux CD: enregistrement public. Tournées en Suisse jusqu’en 2000.
Pièce de théâtre: Les Canons de la Lance, à Grandson. Mise en scène de Sam Leresche. Publiée par Les Cahiers du Balcon du Jura.
Voyages en Dominique, au Sénégal, au Chili, à l’île de Pâques.

1999
La Plaine à l’eau belle, roman édité par Bernard Campiche Éditeur.
Spectacles de chansons en Pologne et aux États-Unis.
Participe au Festival «Chansons de paroles», à Barjac.
Élection à l’Assemblée constituante du canton de Vaud.

2000
CD: Voisins, chez Disques Office. Production de Michel Bühler. Arrangements de Léon Francioli.
Spectacles de chansons aux États-Unis, en Allemagne et en Angleterre.
Voyage au Mali.

2001
Coorganisation, avec Françoise Houriet, du spectacle Les Amis de Georges (intégrale des cent quarante-quatre chansons de Georges Brassens en public), au «Fanal» de Saint-Nazaire, avec, entre autres, François Béranger, Angel Parra, Gilles Servat, Francesca Solleville et Anne Sylvestre.
Voyages en Turquie et en Roumanie.

2002
Spectacle de chansons: Voisins, à Kiron Espace, Paris, puis à «L’Esprit Frappeur», à Lutry, avec Laurent Poget et Olivier Forel, mise en scène de Philippe Houriet. Repris au «Théâtre de Vidy-Lausanne» et en Suisse romande.
Spectacles de chansons au Brésil et en Palestine.

2003
Pièce de théâtre: Le Barbier de la corde, créé à Moudon dans le cadre de la commémoration du 200e anniversaire de l’entrée du canton de Vaud dans la Confération, mise en scène de Gérard Bétant. Publié par les Éditions du Crêt-Papillon.
Mort de Marthe Bühler.
Spectacles de chansons aux États-Unis et au Canada.

2004
CD: Chansons têtues, chez Disques Office. Production de Michel Bühler. Arrangements de Laurent Poget.
Spectacle de chansons: Chansons têtues, au «Théâtre Beausobre» de Morges, puis, en 2005, au «Forum Léo Ferré» d’Ivry. Avec Laurent Poget, Stéphane Chapuis et Mimmo Pisino, mise en scène de Philippe Houriet. Repris en Suisse romande.
Spectacle Hommage à Félix Leclerc, avec Hélène Maurice, puis la chanteuse québécoise Élise. Production Jean Dufour. Repris, avec Élise, jusqu’en 2006.
Lettre à Menétrey, édité par Bernard Campiche Éditeur.
Voyage en Inde.

2005
Exposition: Les Mots de Michel Bühler, Musée des arts et des sciences, Sainte-Croix.
DVD: L’Autre Chemin: portrait d’un chanteur de parole(s), un film d’Anne Crété, réalisé avec le soutien du Musée des arts et des sciences de Sainte-Croix.
Jura, textes de Michel Bühler, illustrations de Pierre Bichet, édité au Presses du Belvédère.
Spectacles et animations pour le Foyer Georges Brassens de Beaucourt, France.
Spectacles en Palestine.
Écriture d’une pièce théâtrale, Le Temps du plus (texte et chansons), représentée au temple de Grandson en 2006.

2006
Spectacle Chansons têtues en Suisse (Yverdon «L’Échandole», Lausanne «Théâtre 2.21»), en France et en Belgique. Production par EPM du double DVD: Portrait, Michel Bühler, Chanteur de parole(s), comprenant le film paru en 2005, le spectacle de chansons enregistré la même année au Théâtre Beausobre (Morges) et le monologue Le Retour du Major Davel. Réalisation: Anne Crété.
Écriture d’une pièce théâtrale (texte, chansons, musiques pour fanfare) Le Rêve de Charles, représentée en été 2008 pour le 100e anniversaire de l’Institution de Lavigny.

2007
Spectacles de chansons, notamment à «L’Esprit Frappeur» (Lutry) et à «L’Européen» (Paris).   
Création au Festival de Barjac (France) de Laissez-vous Béranger, chansons de François Béranger, avec Marie Toucourt, Jofroi et Thomas Pitiot. Tournée avec ce spectacle en France et en Belgique.
Les Trois Cloches, chansons de Jean Villard Gilles, avec Sarcloret et Gaspard Glaus. Création à «L’Échandole», puis tournée en Suisse romande.
Écriture de quinze chansons.
Voyage en Égypte.

2008
Écriture d’une pièce théâtrale, La Grande Soif, donnée en 2009 à Grandson dans le cadre du 150e anniversaire du Corps de Musique.
Production et enregistrement d’un nouveau CD, Passant.
Invité d’honneur du Festival Mars en Chansons (Charleroi, Belgique).
Spectacle Les Trois Cloches: une quinzaine de représentations au théâtre de Vidy-Lausanne, et durant un mois (comme du spectacle Passant) au Festival d'Avignon.
Parution d'un CD - DVD des Trois Cloches.
Parution, chez Bernard Campiche Éditeur d’un ouvrage de cinq cents pages, On fait des chansons, reprenant les 195 chansons enregistrées jusque-là, paroles, et partitions calligraphiées par Michel Devy.
Tournage d’un film par l’Association Plans Fixes.

2009
Écriture au début de l’année de Un si beau printemps, récit paru en octobre chez Bernard Campiche Éditeur.
Film de l'Association Plans Fixes, Oser l’espoir, première le 30 avril à Lausanne.
En septembre, spectacle Voyageur à «L’Échandole», quatre jours à guichets fermés.
En décembre, douze représentations de ce spectacle au «Théâtre de Vidy-Lausanne».
Parution d'un CD de ce spectacle, Voyageur, enregistré en public à «L’Échandole».
Le 3 décembre, au «Théâtre de Beausobre», à Morges, devant huit cents spectateurs, une dizaine de chanteuses et de chanteurs (Anne Sylvestre, Francesca Solleville, Gilbert Laffaille, Pascal Auberson, Sarcloret, Thierry Romanens, etc...) fêtent les quarante ans de chansons de Michel Bühler.

2010
Voyages à Gaza et en Indonésie.

2011
Voyage à Tunis.
Publication, en début d’année, de La chanson est une clé à molette, essai, paru chez Bernard Campiche Éditeur.
Pièce théâtrale, Quelques pas sur le sable, donnée en été 2011 à Yvonand dans le cadre du 1000e anniversaire de la commune. Publication de la pièce aux Éditions Mon Village, à Sainte-Croix.

2012
CD: Et voilà! Treize chansons nouvelles.
Publication, en texte seul, de Jura, chez Bernard Campiche Éditeur (collection camPoche).

2013
Prix Jacques Douai.

2014
Toujours une cinquantaine de spectacles, en Suisse et en France principalement.
Voyage au Chili (Patagonie).
Confection d'un DVD, "L'Intégrale" comprenant les 229 chansons enregistrées à ce jour, toutes les paroles et toutes les grilles d'accords. Parution du DVD à l'automne.

2015
Toujours des spectacles... notamment participation aux Festivals de Montcuq et de Barjac, ainsi qu'à un spectacle collectif pour l'Association d'aide à la Crèche de Bethléem..
Écriture de 15 chansons nouvelles: enregistrement et parution d'un nouveau CD prévu en 2016.
En tant que responsable artistique, préparation d'un spectacle en hommage à Gilles Vigneault, Les Gens de mon Pays, qui sera donné dans le cadre du Festival Pully-Québec, au Théâtre du Jorat, en juin 2016.
Voyage au Burkina Fasso, dans le cadre de l'Association Tombouctou 53 Jours.

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Antidote à la morosité, la fable humaniste déclinée par l’auteur compositeur et interprète impressionne par sa foi inébranlable dans le genre humain et sa capacité de résistance à ce qui l’asservit

Naïf? Non, juste merveilleusement lucide. En concert, avant de le retrouver poussière, Michel Bühler aime à évoquer, sous la forme du «sketch veiné d’auto-ironie», le parcours engagé et artistiquement engageant d’un homme qui avance avoir eu souvent raison. Des luttes contre la centrale de Kaiseraugst «à bâtir en pleine zone sismique» ou pour l’objection de conscience «aujourd’hui reconnue», au soutien des réfugiés et sans-papiers, il se fait la voix, critique, des sans-voix.
En ce jour de Noël, le chanteur dresse le constat désabusé de son roman autobiographique, Un si beau printemps: «Nous cherchions un monde meilleur, qui n’a pas été trouvé face aux ultralibéraux imposant leurs idées et leur empire provisoirement victorieux.» Il ne cesse pourtant de décliner ce leitmotiv kafkaïen, «Je me bats», qui le voit chantourner ses textes francophiles pour susciter une société plus solidaire, contre l’indifférence, le chacun pour soi du plus grand nombre et l’argent divinisé: «Même si l’on me dit que c’est perdu d’avance/Que le monde est ainsi et qu’on n’a pas le choix/Je me bats.»

Humaine dignité

Né en 1945, l’homme force le respect et amène à contempler une carrière dont la longévité est unique en Suisse, en près de trois cents chansons et une dizaine de récits, romans et pièces. Sa famille imprime une enfance heureuse au rythme des chansons populaires. À l’orée des années 1960, Michel Bühler s’initie à la guitare, interprétant en public Brassens et Brel. Une volonté de savoir et de transmettre chevillée au corps met sa vie quatre ans sur le métier d’instituteur.
À Genève, il rencontre un soir Gilles Vigneault. Une amitié indéfectible les unira et il en résulte, pour partie, dix-huit albums à ce jour. Rares sont les paroliers habitant leur langue française, qui rapatrient le vernaculaire avec une telle verve, un si haut amour de l’humain et une semblable générosité fraternelle. Foncièrement concerné, son regard bienveillant sur les acteurs ordinaires des luttes ouvrières et politiques, ses portraits des petites gens, écorchés ou apaisés, «tous ceux qui ont relevé la tête, affirmant que la femme et l’homme sont plus importants que les chiffres d’affaires» troublent par leur infinie tendresse, toujours à la bonne distance, à la bonne hauteur.

«Artisan bricoleur»

«Partout, sur la peau de ce pays, des traces laissées par l’homme. Traces modestes, la plupart du temps, ténues», écrit Michel Bülher dans Jura. Menacé d’«uniformisation» par des planificateurs insensibles, le paysage qu’il arpente de cette main enracinée conciliant la trace de l’écriture, comme dirait Ramuz, c’est le Jura vaudois. Il vit à L’Auberson avant de rallier Paris une partie de l’année. Inspiré chroniqueur de temps en mutation globalisée, il se fait le sismographe de la désindustrialisation. La réflexion est amère: «Nous n’avons pas compris que l’exploitation, au loin, d’une main-d’œuvre à bon marché, allait mettre au chômage, chez nous, des artisans porteurs d’un savoir-faire centenaire... Ces petits meurtres successifs ne se sont pas produits sans que les victimes tentent de se défendre.» En 1984 déjà, son roman La Parole volée interrogeait les fermetures d’usines, au cœur de la future nécropole ouvrière de Sainte-Croix.
La chanson intitulée «Le Macao», distille l’évidence: «Ne jamais trahir l’enfant qu’on était.» La pochette de Et voilà! voit Bühler poser en pied devant un atelier: «C’est un lieu magnifique, de par la qualité de la lumière qui en émane: la scierie de mon voisin, Éric, chez lequel je me rends pour chercher du bois afin d’allumer mon poêle destiné à la cuisine. Les machines dans le fond rappellent l’artisan bricoleur de la chanson que je suis», explique l’artiste. On peut y voir aussi le souvenir du père ébéniste polissant des caissons en usine, perpétuellement ouvert au parcours vital incertain, erratique, du fils.
Retrouvant les effluves boisés de la seule guitare qui l’a porté à ses débuts, le titre de son ultime album se rapporte à l’univers circassien et au numéro clownesque ponctué in fine par cette formule: Et voilà! L’homme affectionne la figure du vieux clown émanant du «Sourire au pied de l’échelle» signé Henry Miller. Pour l’écrivain américain, ce funambule est «le poète en action. Il est l’histoire qu’il joue. Le clown nous apprend à rire de nous-mêmes et ce rire est enfanté par les larmes.» Tout Michel Bühler en scène n’est-il pas là?
Si ses tours semblent parfois rimer avec les poètes artisans Gilles Vigneault et Felix Leclerc, ses chansons ne connaissent pas le problème de l’âge, préférant susciter une impression de naturel qui n’exclut pas une dose de théâtralité. Celui qui se considère comme journaliste intermittent tient la rubrique politique. Dans Et voilà!, en témoigne la figure du «travailleur venu d’ailleurs» qui questionne les amalgames faisant le lit des populismes («Le Polonais»). Mais aussi le printemps tunisien et son «marchand des quatr’saisons» qui, s’immolant par le feu, «fait se réveiller un pays tout entier», anesthésié par trois décennies dictatoriales («Tunis 2011»).

Utilité publique?

Rencontré à 50 printemps, alors que l’on pense sa vie faite, l’amour de «la Parisienne de L’Auberson», Anne Crété, sensible cinéaste du réel, bouleversera nombre de lignes de failles au sein d’une existence qui se croyait déjà immuablement écrite. Partant, s’étonnera-t-on de la retrouver assistante du cinéaste Robert Guédiguian? Si l’amour et l’amitié accrochent les cœurs et leur insufflent cette joie de vivre qui transperce nombre de films de Guédiguian et de compositions signées Bühler, ont-ils le pouvoir de faire évoluer la société, telle une tribu entrée en lutte? L’amour salué dans les titres «Avignon» et le magnifique «Est-ce écrit...» semble autant un absolu (de solu ab, détaché de tout), qui fait toucher du doigt les limites de l’être humain, qu’un ouvrage à réinventer quotidiennement. Sans se renier, Michel Bühler pourrait-il emprunter des horizons instrumentaux plus amples et une diversité évasée dans les harmonies et les mélodies, au gré de rencontres avec des générations musicales contrastées? Mais, la fidélité à sa personne, sarmentée au-delà des modes et des genres, est aussi ténacité en la tournure politique et culturelle de celui qui témoigne vent debout.
On méditera ces mots d’Aragon, au frontispice d’Un si beau printemps: «J’aurais tant aimé cependant/Gagner pour vous, pour moi, perdant/Avoir été peut-être utile.» Insolent et indépendant: Michel Bühler continue d’incarner la voix d’une conscience révoltée, à la fois intime et universelle. Une exigence qui lui permet d’exprimer toute l’urgence, mais aussi l’espoir étranglé ou advenu que sa plume éclate en autant de rimes passionnées.

CÉCILE DALLA TORRE
, Le Courrier


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Un cœur battant

Rencontre avec Michel Bühler qui, Dieu merci, n’a pas renié le fou qu’il était à vingt ans


La neige, le vent, la poudreuse… Tout, autour de nous, chantait Vigneault: «Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver.» Nous sommes à Sainte-Croix, en ce mois de janvier 2015, et nous frappons à la porte de Michel Bühler. C’est une maison jaune accrochée au balcon du Jura: «C’était l’ancienne maison de l’Armée du Salut, dit-il. À mon âge, il est temps de se rapprocher du Seigneur.» Le Seigneur attendra.
Michel Bühler, 70 ans cette année, vient de sortir ses œuvres complètes qui, miracle de l’âge numérique, tiennent en une seule galette: 229 chansons sont réunies sur un DVD qu’il a «bidouillé» lui-même. Et sur ces 229 chansons, qui vont de Helvétiquement vôtre à Et voilà, de 1969 à 2012, il y en a «une quarantaine dont (il) est fier»: «Mine de rien, j’ai fait de jolies chansons», lâche-t-il. Il est modeste, car certaines chansons sont magnifiques, qui vous emportent, qui vous chavirent, qui vous submergent… Michel Bühler nous fait valser et valdinguer de la tendresse à la révolte, de la compassion à la détestation. «Les cris de révolte sont des chants harmonieux», a-t-il affirmé dans une chanson qui fit entrer Kaiseraugst dans la poésie, belle prouesse!

«Tout me touche»

Il chante des ballade souvent à la guitare, il décrit les gens humbles, il dénonce les injustices de ce monde, le peuple asservi, la misère d’être vaincu par le quotidien: «C’est une p’tite fille un peu perdue / La tendresse ça court pas les rues / Qu’a comme un nuage bleu sur le cœur / Qu’a comme une vague envie d’amour / Qu’aurait bien l’droit d’croiser un jour / Quelqu’chose qui ressemble au bonheur» (Nanou). C’est du folk en français, c’est du bluegrass lorsqu’il est accompagné par Nono Müller ou Léon Francioli, c’est du Dylan, en plus beau, car Michel Bühler ne chante pas du nez. «Du flok, oui, peut-être… Je ne sais pas ce que c’est exactement, hésite Michel Bühler. Je suis auteur–compositeur–interprète, voilà, j’aime bien cette phrase de Cocteau: je touche à tout parce que je me touche.»
Il a grandi dans une sorte de phalanstère: les oncles, les tantes et les cousins le soir à la même table, le jour à l’usine… C’étaient les grandes heures de Sainte-Croix: Hermes, Thorens ou Paillard emploient des milliers d’hommes au temps de la machine-outil triomphante. «C’était une sorte de Silicon Valley ici, raconte Michel Bühler: il y avait un savoir-faire unique au monde! Toute la famille élargie travaillait dans les usines du coin et le soir, je les entendais gueuler contre les patrons ou les contremaîtres… Cela a marqué mon enfance et ça m’a bâti pour le reste de la vie… Les effets du libéralisme et de la mondialisation, je les ai vécus en direct à la fin des années quatre-vingt: Sainte-Croix est passé de 8’000 à 4’000 habitants. J’ai raconté tout ce mouvement dans mon premier roman, La Parole volée.» Cette lutte des classes parcourt ses chansons; «Je dirai l’ouvier qui part au matin blanc», écrit-il en 1971 dans Le Pays qui dort et, 41 ans plus tard, il se bat au côté des «sacrifiés, des vaincus d’autrefois», «les mineurs les canuts les pioupous les sans-droits les femmes usées, petites sœurs de misère» (Je me bats). Michel Bühler, contrairement à ses craintes, n’a pas «renié le fou qu’il était à vingt ans».

«Un aquarelliste lucide»

Bühler par son père, un Bernois venu s’installer à Saint-Croix en 1946, quand le petit avait une année, Hösli par sa mère, Michel Bühler est d’une famille qui chante: «Avec mes cousins, mes oncles et tantes, on chantait l’abbé Bovet, mais aussi des chansons de soldat. On chantait aussi au bistrot. Puis j’ai découvert Brel, Brassens, Ferrat et je me suis dit qu’un jour, j’aimerais faire quelque chose d’aussi bien qu’eux. Je n’y serai pas parvenu…» Taratata… Quel est ce complexe, comme si cet homme n’avait jamais composé Chanson pour Camille, ou Nanou, ou Le Pays qui dort. D’ailleurs, dans Les Funambules de la Ritournelle, Patrice Delbourg, lui qui est si souvent cruel, a des mots élogieux pour Michel Bühler qu’il compare aux grands classiques de la culture romande: Amiel, Cingria, Chappaz, Roud ou Chessex. Son écriture, dit Delbourg, «est celle d’un aquarelliste acide, d’un marionnettiste virtuose».
Depuis 1970, Bühler, qui fut instituteur pendant quatre ans, vit de la chanson. Il est suffisamment riche pour s’être acheté une maison, dont, en bon écologiste, il a refait l’isolation extérieure et qu’il a équipée de panneaux solaires, il est suffisamment riche pour avoir prêté  de l’argent à des copains et certains le lui ont même rendu. Il a résisté à l’effondrement du disque: «Vous savez quand on passe de 11’000 disques à 4’000, on passe de pas grand-chose à moins que pas grand-chose…», sourit-il. De toute façon, dans le royaume du mercantilisme égosillé, il y a bien longtemps que le succès est suspect. Il vend des disques à la sortie des concerts, à des gens qui sont venus – selon l’expression d’Henri Tachan – partager son indignation: «Je viens de participer à un petit festival, du côté de Lens, dans le nord de la France, il y avait 300 personnes… Cela m’étonne toujours.» Michel Bühler dit que tout le monde a sa chanson que nous avons tous une chanson qui nous accompagne. Pour lui, c’est J’entends, j’entends, de Jean Ferrat, parole d’Aragon. Il la récite spontanément, par cœur, avec tant d’intonation que cela donne la chair de poule: «J’aurais tant voulu vous aider/ Vous qui semblez autres moi-même / Mais les mots qu’au vent noir je sème / Qui sait si vous les entendez».


Vigneault: une voix de mentor

«J’écoutais Brel, Ferrat, Brassens, mais ils me parlaient d’ailleurs, de la Belgique, de l’Ardèche, de la Camargue… Moi, j’aurais aimé parler des gens d’ici, raconte Michel Bühler. Et un jour, j’ai entendu Gilles Vigneault. Il chantait le Québec avec les mots de là-bas et cela a été pour moi le grand déclencheur.» Ce devait être en 1968, il apprends que Gilles Vigneault était à Genève pour une émission de télévision: «J’ai foncé à Genève et j’ai attendu. Je venais de sortir mon premier 45 tours et nous nous sommes retrouvés à 3 heures du matin autour du piano de l’hôtel. Il m’a dit: «Viens me voir à Paris!» Nous sommes devenus amis: «J’ai fait une quantité de ses premières parties, y compris à L’Olympia et à Bobino. À chaque fois que je vais au Canada, il m’attend à l’aéroport.» Il aime tout, chez Vigneault: son écriture, ses personnages, son art de la scène, sa manière de séduire le public. «Il a été mon mentor». Et tant pis – osons-nous – si le mentor chante faux (parfois). «Il ne chante pas faux, corrige Michel Bühler. Il a une voix éraillée.»


Bio express

Michel Bühler

1945 Le 30 avril, naissance à Berne. Il grandit à Bienne. Son père est ébéniste, sa mère ménagère. Son frère, Henri, est né en 1939.

1965  Brevet d’instituteur: il quitte le métier en 1969.

1970  Il s’installe à Paris.

1971  Premier 33 tours: Le Pays qui dort.

1980  Spectacle à L’Olympia.

1985  Élection au Conseil communal (législatif) de Sainte-Croix, sur la liste socialiste.

1995  La Fête à Bühler, avec Florence Chitacumbi, Valérie Lou, Denis Alber, Le Bel Humbert, Pascal Rinaldi et Thierry Romanens.

2014  Une intégrale sur DVD: 229 chansons, 19 CD, avec tous les textes et les grilles d’accord.

JEAN AMMAN
, La Liberté


Site Web:
http://www.michelbuhler.com


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