LAURENT KOUTAÏSSOFF

ATLAS

Roman
2020. 296 pages. Prix: CHF 32.00
ISBN 978-2-88241-455-7


Biographie

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Manifestations, rencontres et signatures
Index des auteurs


Laurent Koutaïssoff, Atlas

Ce roman parfaitement construit plonge le lecteur dans l’absurde et le tragique. Christophe Doinet travaille au Valentino, un magasin de DVD dont le côté fouillis lui convient. Il s’y sent rassuré alors que ses parents ne lui offrent ni amour ni compréhension. Christophe est tenu à l’écart de ce couple étrange, branché sur une obsession des voyages qu’il n’assouvit que par la lecture de guides appris par cœur. Peu après la mort de ses parents, Christophe passe à l’acte, met le feu à l’appartement familial et finit en prison où, là aussi, il se sent entouré par un périmètre de sécurité. Dès ce moment le lecteur comprend que la notion d’abri est essentielle pour Christophe. N’ayant appartenu à personne, il se cherche un cadre. Et c’est dur… Après la prison il est employé dans une déchetterie, travaille avec deux compagnons auxquels se joint Marion. La résilience est sans doute au bout du chemin. Et cela vaut la peine d’accompagner Christophe dans cette construction de lui-même. Il est heureux que ce livre profond et intelligent s’achève sur une lueur d’espoir à laquelle on n’avait peut-être pas toujours cru!

Plume au vent, Société de Lecture, Genève, No 444, été 2020


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Les ravages d’une obsession

La violence, il y a celle qui se voit, qui s’encaisse verbalement ou physiquement. Mais il en existe des formes plus sournoises. Comme partir à l’aéroport en voiture, comme si on allait prendre l’avion, mimer durant une heure dans l’auto le trajet aérien, puis rentrer à la maison tout en faisant comme si on était arrivé à destination, et visiter, durant trois jours dans un appartement réaménagé, la «ville» choisie. Un jeu somme toute innocent entre adultes consentants. Sauf qu’au milieu, un petit garçon s’y perd. Comme dans ses deux premiers romans, dont Le Sourire de Thérèse, le Lausannois Laurent Koutaïssoff plonge dans une histoire de famille. Elle se dessine peu à peu au fil des souvenirs de Christophe. Singulier personnage qui dévore les critiques de tous les films sans en avoir vu aucun, et qui n’a voulu lire et relire qu’un unique livre: Le Comte de Monte-Cristo. Et pour faire table rase, il met le feu à son appartement. Après un passage en prison, il devient gardien dans une déchetterie. Là, des rencontres vont faire bouger les frontières de son «atlas» personnel. Cette histoire de résilience séduit par son caractère hors norme et des personnages attachants. Même si, dans le dernier tiers, l’auteur cède à la tentation de trop en dire en dévoilant les drames intimes de chaque protagoniste.


CAROLINE RIEDER
, 24 Heures,
13 juin 2020 et Le Matn, 13-14 juin 2020

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Une offre d'emploi affichée à la vitrine d'une échoppe retient l'attention de Christophe. Il se présente:
« ...Il faudra donc que tu puisses répondre à quelques questions. Tu t'y connais en cinéma?
- Je lis toutes les critiques.
- Tu ne regardes jamais de film?
- Si on lit la critique, ce n'est pas nécessaire. Christophe avait remarqué la gêne du patron.
Sans rien ajouter, il s'était dirigé vers un rayon, il avait tendu le bras au hasard sans quitter Allan du regard. Il avait laissé courir ses doigts sur le dos des coffrets comme pianotant un air à l'aveugle, puis en avait sorti un. Il avait lu le titre à haute voix et débité en quelques phrases non seulement l'intrigue, mais deux ou trois commentaires sur le jeu des acteurs et d'autres œuvres du même réalisateur. Le patron avait écarquillé les yeux puis souri.
- Un mois à l'essai, ça te va ? »
Défi, révolte... Christophe tente en vain d'attirer l'attention de ses parents, murés derrière leurs piles de livres, prisonniers de tant de connaissances accumulées. S'il cartographie minutieusement son univers, établissant les plans détaillés de chaque lieu - l'appartement, la cellule, la déchetterie où il s'engage à sa sortie de prison -, le jeune homme semble pourtant séparé de la réalité, comme décalé. Il intrigue ceux qui le croisent et essaient de le comprendre. Tous dévoileront peu à peu leur histoire, poignante et douloureuse, et tous à leur façon devront avancer.
Citations, allusions littéraires, références culturelles sont présentes tout au long du récit, avec cette question à la clé: passion, nourriture de l'âme, que peut la littérature?


MARIANNE BOVAY
, Bulletin du Cercle littéraire (Lausanne)

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La renaissance d’un incendiaire
Atlas, le troisième roman de l’écrivain et poète vaudois Laurent Koutaïssoff, aborde le thème de la résilience

Feindre un voyage. C’est à ce jeu que se prêtent un hôtelier, sa femme et leur fils Christophe. Ils roulent jusqu’au parking de l’aéroport, l’air de prendre un avion pour Rome, mais traînent une heure dix dans leur voiture, juste la durée du vol.
Et rentrent ensuite au bercail. A la maison, ils feignent de visiter Rome, déplaçant des meubles en décidant que le corridor sera le Tibre, etc. En plein confinement imposé par le Covid-19, cette scène cocasse d’Atlas, le troisième roman de l’écrivain et poète vaudois Laurent Koutaïssoff, résonne de manière intrigante. L’ouvrage s’articule néanmoins autour du thème de la résilience.
Des années après ce simulacre de voyage en Italie, Christophe, vendeur de DVD et lecteur passionné du Comte de Monte-Cristo, met le feu à l’appartement de ses parents. Une façon pour lui d’effacer leurs manies, leur addiction à ces faux voyages. Atlas raconte ensuite la réinsertion de l’incendiaire qui a passé un an derrière les barreaux. Engagé dans une déchetterie, Christophe reprend pied grâce au soutien d’une libraire qui a tenu un rôle clé dans sa vie.
Atlas progresse tel un puzzle, pièce par pièce, le lecteur découvrant l’étrange univers familial de Christophe tandis que ses nouvelles relations l’aident à changer son regard sur le monde. Entre amour et souffrance, on suit l’itinéraire d’un homme qui se libère du passé. La narration restitue de façon convaincante et touchante les hauts et les bas du protagoniste, de révélation en révélation, le long d’un chemin qui le mènera de l’absurde à la sanction, et de là à une renaissance personnelle.


MARC-OLIVIER PARLATANO
, Laurent Koutaïssoff
«Atlas»

Ce roman parfaitement construit plonge le lecteur dans l’absurde et le tragique. Christophe Doinet travaille au Valentino, un magasin de DVD dont le côté fouillis lui convient. Il s’y sent rassuré alors que ses parents ne lui offrent ni amour ni compréhension. Christophe est tenu à l’écart de ce couple étrange, branché sur une obsession des voyages qu’il n’assouvit que par la lecture de guides appris par cœur. Peu après la mort de ses parents, Christophe passe à l’acte, met le feu à l’appartement familial et finit en prison où, là aussi, il se sent entouré par un périmètre de sécurité. Dès ce moment le lecteur comprend que la notion d’abri est essentielle pour Christophe. N’ayant appartenu à personne, il se cherche un cadre. Et c’est dur… Après la prison il est employé dans une déchetterie, travaille avec deux compagnons auxquels se joint Marion. La résilience est sans doute au bout du chemin. Et cela vaut la peine d’accompagner Christophe dans cette construction de lui-même. Il est heureux que ce livre profond et intelligent s’achève sur une lueur d’espoir à laquelle on n’avait peut-être pas toujours cru!

«Plume au vent», Société de Lecture, Genève, No 444, été 2020

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«Je n’ai appris qu’une chose durant toutes ces années: “Le destin n’existe pas!” C’est le nom qu’on donne à nos faiblesses et nos petites lâchetés. Il faut vivre tout simplement, faire face, avec nos propres idées et bien prendre la mesure de notre impuissance. Mais la seule chose à laquelle on n’échappe pas, c’est la famille.»
Ce que dit un des personnages d’Atlas aurait pu être mis en épigraphe par Laurent Koutaïssoff à son roman, qui raconte l’histoire de Christophe Doinet, parce que cela la résume bien et la met en perspective.
Christophe Doinet est un jeune homme qui semble toujours ailleurs. Au début il travaille dans un magasin de DVD, Valentino. Il y a été embauché par Allan, parce qu’il connaît bien les films sans les avoir vus.
Christophe est un grand lecteur de critiques de cinéma. Sinon, il lit très peu, hormis peut-être un livre aimé, Le Comte de Monte-Cristo, qu’il a tenté d’offrir à son père après l’avoir dérobé dans une proche librairie.
S’il ne lit guère, il connaît aussi bien les livres que les films. Isabelle Renaud, la libraire, à qui il a rapporté le Dumas, dont elle lui fait la lecture, les lui raconte par le menu et il en enregistre le contenu dans sa tête.
Alors que le Comte de Monte-Cristo se venge à la fin de l’histoire, Christophe le fait à son début. Il met un jour le feu à l’appartement familial qu’il occupe tout seul depuis que ses parents ne sont plus de ce monde.
Cet incendie volontaire lui vaut un an de prison, ce à quoi il s’attendait, sans le détourner de la commission de cet acte, dont on ne comprend la raison que peu à peu, comme tant d’autres choses de son existence.
Cet an de prison est un entre-deux, entre un passé, où les peines sont plus nombreuses que les joies, et un avenir qui se profile curieusement avec un travail dans une déchetterie où il doit surveiller le niveau des bennes.
Le lien, entre cet avant et cet après, est un cahier, une sorte d’aide-mémoire, que seul il peut décrypter et dans lequel il écrit, dessine précisément ce qu’il voit ou ressent, colle photos qu’il prend ou images qu’il découpe.
Des occasions se présentent à Christophe qu’il saisira pour avancer. Il acceptera les aides que lui offrent des personnes compréhensives et la définition du mot «atlas» qu’il recherchait éperdument lui sera donnée in fine.


Blog de FRANCIS RICHARD

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Christophe Doinet travaille au Valentino comme vendeur de DVD. Un incendie ravage son appartement juste après la mort de son père. Accident? Acte criminel? Cet événement ravive les souvenirs de son enfance: ses parents passionnés par les voyages, sa solitude et Isabelle, la libraire de son quartier. Elle l’aidera à s’affranchir de sa famille et à porter un nouveau regard sur le monde. Il rencontrera alors, dans une déchetterie de la ville, Léonard, Pique-Bœuf et Marion, tous trois liés par une histoire commune. Le plaisir de Christophe, c’est un album dans lequel il collectionne en secret tout ce qui marque sa vie. Son plus grand voyage sera de partager ce journal, l’atlas de ses blessures et de son imagination.

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