Préfaces de Roger Guignard, Jean-Dominique Humbert et René Zahnd 1997. 3 volumes sous emboîtage, 1'776 pages. Collection L’Œuvre. Prix CHF 90.–
ISBN 2-88241-075-1, EAN 978288241075
Ces trois volumes contiennent : L’Amour difficile (1953) ; La
Clarté de la nuit (1956) ; Les Algues du fond (1960) ; La Terre
première (1965) ; L’Arbre un jour (1971) ; L’Allégement (1975) ; Ces
vols qui n’ont pas fui(1986) ; Textes divers ; Le Livre de Jean (1997)
; Bibliographie ; L'Âge ingrat du roman (1967) ; L’Âge ingrat du
roman (1967) ; Écrire en Suisse romande entre le ciel et la nuit (1979)
; Pour Mémoire (1992) ; Pour Mémoire (1992) ; La Mesure d’une vie :
trois entretiens avec Jean-Pierre Monnier sur la littérature (1997) ;
Pour Mémoire (1992) ; Index des noms propres cités dans les trois
essais et les trois entretiens (1997).7
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…En
disant le moins il créera aussi le plus: avec l’énorme puissance du
non-dit, le silence des forêts nocturnes en plein jour, le détail
précis, son coup d’œil à la Tchékhov: les âmes qui émergent vont
saillir du Jura, toute une province avec son tragique se désembrume. …Voilà
le romancier et la dimension quasi religieuse qui s’esquisse. «L’écoute
en soi des besoins premiers de l’être se déclare d’elle-même.»
J’insiste sur l’immense murmure de ses livres. Jean-Pierre Monnier sera
discrètement l’un des plus grands romanciers. Il a donné à lire un
univers, le Jura et le silence, comme admirablement le peintre Lermite
l’a stylisé.
Monnier dira sa relation avec la littérature et se situera dans le territoire romand. Écrire en Suisse romande
entre le ciel et la nuit est une conversation aiguë, spontanée, qui
ressaisit en profondeur un rêve identitaire, involontaire, intense,
collectif, sans que l’on veuille prouver quoi que ce soit. Nous sommes
là. Cela se présente comme un portrait. Le point d’arrivée de tant
d’œuvres s’éclaircit. Je me revois à sa parution chez Marcel Raymond,
il prit le volume, me le montra et me dit: «Ça, c’est un essai.» Je le
regardai un peu étonné: oui, certes; alors il me regarda à son tour:
«C’est rare.» (…) «Je voudrais l’avoir écrit», dit Marcel en reposant
le livre. …On ne peut chez Jean-Pierre Monnier séparer l’homme de l’écrivain et l’un ne fait pas oublier l’autre. J’ai
reçu par ses livres et par un sentiment aussi étrange que simple qu’il
me semblait toujours toucher en lui, un exemple: une mesure et un
absolu.
MAURICE CHAPPAZ, Journal de Genève
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