THIERRY LUTERBACHER

ILLÉGALISTE

Roman
2021. 256 pages. Prix: CHF 31.00.
ISBN 978-2-88241-464-9.


Biographie

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Issirac

Thierry Luterbacher publie son huitième roman

Thierry Luterbacher vient de publier son huitième roman, Illégaliste. Né en 1950 à Péry (Suisse), l’auteur passe ses vacances au village avec ses parents et sa famille puis avec ses enfants. Il fait l’unanimité des villageois qui avaient le privilège de le côtoyer pour sa gentillesse et sa joie de vivre communicative.
Thierry, qui a la double nationalité franco-suisse, vit à Bienne, dans le canton de Berne, en Suisse. Écrivain, il est l’auteur de huit romans, tous publiés chez l’éditeur Bernard Campiche. Le premier, Un cerisier dans l’escalier, a reçu le prix Georges-Nicole 2001 pour un premier roman très remarqué, ainsi que le prix Saint-Valentin du meilleur roman d’amour.
À ce jour, Thierry présente son nouveau roman, Illégaliste, l’illustration de la couverture est signée de l’auteur qui est aussi artiste peintre.
Après des études au conservatoire d’art dramatique de Paris, Thierry est auteur, metteur en scène de théâtre, journaliste, réalisateur. Il anime une émission d’entretien sur la chaîne de télévision régionale et est membre de la direction de cette même télévision ainsi que de la radio locale de la ville de Bienne. Inutile de dire que Thierry est très connu dans le milieu artistique franco-suisse. Les villageois espèrent le revoir au village prochainement.


Le Mici libre,
25 mai 2021

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L’ordre dans le désordre

Philosophe et libertaire, Thierry Luterbacher signe un roman à son image: sur fond de guérilla urbaine, L’Illégaliste soulève des questions sur l’anarchie et l’amour

Aristote Gatineaux, ou Aris pour les intimes, un révolutionnaire taiseux au cœur pur est partagé entre sa lutte anarchiste et son désir d’amour simple. Sa mission: assassiner le PDG d’une multinationale d’agrochimie pour combattre un capitalisme corrompu. Mais est-ce qu’un idéal peut justifier la mort d’innocents? Ce questionnement emmène Aris à rencontrer des personnages apparemment envoyés par le destin, questionnant le besoin de violence pour renverser l’ordre social. Un récit haut en images et symbolismes sous la plume du Biennois Thierry Luterbacher qui signe avec L’Illégaliste son huitième roman.

Thierry Luterbacher, ce récit teinté d’anarchie représente-t-il une forme d’essai libertaire?
Difficile de répondre catégoriquement, mais il est vrai que je suis libertaire depuis toujours. Dans la vingtaine, après Mai 68, j’avais une activité de lutte. J’ai aussi passé plusieurs années sur la route, vivant dans un bus… Je me suis toujours senti en conflit avec la société, avec l’impression de regarder le monde de l’extérieur. Encore aujourd’hui je me retrouve souvent partagé entre un sentiment humaniste et une incompréhension face à la vie que mène la majorité des gens.

Ces réflexions transpirent dans la pensée de votre personnage principal, tiraillé entre des idées contradictoires de révolution et de bonheur simple, ayant à la fois peur de vieillir et de mourir jeune…
La condition humaine veut cela: on est toujours «parasité» par des désirs incompatibles avec nos idéaux. Je suis moi-même une contradiction ambulante.

Votre héros se demande aussi si les humains ne sont peut-être pas faits pour un monde meilleur, car il recommenceraient éternellement les tragédies en se promettant «plus jamais ça». Vous partagez ce point de vue pessimiste?
Il n’y a qu’à regarder les massacres de la Seconde guerre mondiale. Malgré la repentance générale, les génocides continuent sous différentes formes.

Donc, malgré vos idéaux, vous estimez, comme Aris, que l’anarchie est une utopie, «sans doute la plus belle, celle de l’absence d’autorité qui suppose que chaque être humain doit se sentir assez responsable pour pouvoir s’en passer»?
Bien sûr que c’est une utopie, il faut être réaliste! Mais de nombreuses utopies ont traversé les siècles pour devenir des réalités. Allez imaginer le vote des femmes ou le congé payé au XVIe siècle. C’est donc une utopie qui fait son chemin et qui se matérialise pour l’instant dans des bulles localisées, comme au terrain de la Gurzelen, à Bienne.

Entre deux réflexions politiques, vous parlez aussi beaucoup d’amour, notamment d’amour libre. Là aussi, des contradictions se dégagent. Après avoir enjoint sa compagne à la liberté, Aris concède son regret «de révolutionnaire en goguette qui avait peur d’aimer»…
J’ai vécu la révolution sexuelle, je connais donc bien le sujet. Mais je n’ai jamais vraiment cru en l’amour libre, qui s’accommode mal avec mes émotions. J’admire surtout la volonté de ne pas se dire propriétaire de l’autre et de vivre ses sentiments comme une aventure incessante.

Vous ponctuez votre histoire de scènes sensuelles… Pour servir le récit ou par plaisir?
Par hédonisme! Il faudrait ne pas être humain pour ne pas aimer ça. Ça ne se résume pas au sexe. Il y a la joie de la rencontre, la tendresse, l’intimité… Ce sont des moments que j’ai envie de vivre, et donc d’écrire.

Vous écrivez comme un anarchiste?
Il y a autant de manières d’écrire que d’écrivains, mais il est vrai que je me passe de plan de travail. Je commence généralement mes romans à partir d’une simple phrase, qui devient une obsession. Je la couche sur le papier, puis j’avise. Il faut dire que j’aime me trouver en territoire inconnu, ne pas savoir ce que la page suivante me réserve. C’est un peu comme avancer dans une jungle avec un crayon pour machette.

Vous dispersez aussi des références littéraires, comme les cailloux du Petit Poucet…
Je n’ai jamais fait de matu, car on m’a viré de l’école quand j’étais jeune, mais la littérature m’a toujours importé. Je me suis constitué ma propre culture, avec des Bibles personnelles, telles que Sur la route de Jacques Kerouac. L’Étranger, d’Albert Camus ou Le Grand Meaulnes, d’Alain-Fournier, car cela me rappelle mon envie de conserver l’émerveillement de l’enfance.


MAEVA PLAINES
,
Le Journal du Jura, 25 mai 2021

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La vie d’Aris Gatineaux a été forgée par la pauvreté et la condescendance des nantis, c’est naturellement qu’il est devenu illégaliste, clandestin de la lutte armée et terroriste paisible. Chacune de ses actions de guérilla urbaine, chacune de ses paroles militantes, chaque mensonge pour le besoin de la cause révolutionnaire l’arrachent un peu plus à son père, à sa mère, à ses amours, aujourd’hui en friche. La cellule du Chat Noir est la matrice d’Action Illégaliste. Cinq amis d’enfance ont mis le mouvement en branle avant qu’il ne s’essaime. Ils voulaient, disperser leurs idées comme le vent disperse les graines. Leur amitié a été une évidence dès l’école enfantine. Ils étaient bringuebalants, c’est pourquoi ils se sont tant aimés. Ils appellent ça, « la liberté du vertige » en guerre contre un système qui a comme vocation l’anéantissement de la planète, la mort lente des exploités, la mort violente des révoltés. Chargé d’éliminer le PDG d’une multinationale d’agrochimie, confronté à sa nature profonde, Aris questionne l’assassinat.


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