CATHERINE FUCHS

EN ATTENDANT LA NEIGE

Nouvelles
2026. 168 pages. Prix: CHF30.00.
ISBN 978-2-88241-571-4


Biographie

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Le titre de ce recueil de neuf nouvelles, En attendant la neige, n'est pas celui d'une d'entre elles, comme c'est souvent le cas. Il provient d'une phrase tirée de la septième, «État de siège», pour qualifier sa protagoniste: «Elle est une forêt qui attend la neige»
Dans ces nouvelles, Catherine Fuchs parle, au lecteur de notre époque, de la vie et de la mort au quotidien, du temps qui passe et de l'intemporel, si bien qu'il peut se reconnaître, touché qu'il est dans son humanité.
Ainsi, dans la première nouvelle, la narratrice fait-elle ses «Adieux» à sa tante et se pose-t-elle des questions en se souvenant d'elle, car elle n'a pas cherché vraiment à la connaître et comprend pourquoi cette ignorance: «Ceux qui nous sont les plus proches dans notre enfance nous semblent immortels»
Ainsi dans la deuxième, «Eva Rohmer reçoit le Nobel» tout en fantasmant sur les prix littéraires, Eva présente-t-elle, dans une bibliothèque, son dernier roman, Le Cadre vide, sur une galeriste d'art contemporain: «Elle sent que le monde qu'elle a plus ou moins toujours connu lui échappe, qu'il change, a changé trop vite pour elle. Comme, à tort ou à raison, elle tient à rester dans le mouvement, elle se force, elle essaye d'y croire.»
Ainsi dans la troisième, «Canicule». Camille s'est-elle rendue à une adresse qui n'existe pas... et rentre-t-elle chez elle où son portable vibre. La communication est interrompue, comme le fut son contact avec les autres: «C’était venu imperceptiblement, elle n'aurait pas pu en mesurer le mouvement mais aujourd'hui, c'était fait, et bien fait: elle avait passé de l'autre côté, elle n'avait plus accès à tout un réseau de communications, tout ce qui se dit sans se dire, des sourires entendus, un regard qui s'attarde ou qui se détourne un peu trop vite.»
Ainsi dans la quatrième, «De Profundis», la protagoniste est-elle confrontée à un serveur vocal interactif d'une société et ne parvient pas, après moult tentatives, à obtenir les réponses aux questions qu'elle leur pose:  «Elle pourrait s'énerver, mais elle recommence au début, bravement, étonnamment calme, – une athlète qui rassemble ses forces pour une compétition de haute tenue...
Ainsi dans la cinquième, «Le Semainier», le narrateur, âgé, veuf, ancien organiste de la cathédrale, a-t-il perdu du poids et la mémoire... Tout a changé autour de lui. Il ne s'y retrouve plus. À cela il connaît le remède: «Il n'y a que la musique qui puisse chanter ce qui disparaît et porter en elle l'espoir absolument fou que le silence est habitable.»
Ainsi dans la sixième, «Sans gluten», une mère, enseignant l'histoire, accueille-t-elle sa fille Sarah et son compagnon Enzo pour dîner et se heurte-t-elle à leur dogmatisme, quels que soient les sujets qu'ils abordent: «Elle s'en voulait de faire si piètre figure, de se laisser atteindre si facilement, de ne pas être capable d'accueillir ces soubresauts avec le détachement promis par l’âge.»
Ainsi dans la septième, «État de siège», une restauratrice de vieille vaisselle est-elle en butte à la condamnation «des gens de sa génération qui sont la cause de tous les maux, qu'ils n'ont pas su ou voulu contrôler: »
«Elle est ce qui est condamné. Elle s'en fait une sombre fierté.»
Ainsi dans la huitième, «Fake News», le lecteur est-il témoin d'un dialogue, tournant au monologue, entre un fouineur qui cherche les infos «là où on ne voudrait pas qu'on aille» et celui qui l'écoute sans autre: «Enfin… ce n'est pas la peine de s'énerver, les dés sont pipés, une fois que tu le sais, tu décryptes le tout autrement», dit ce fouineur à son interlocuteur.
Ainsi dans la neuvième, «La Promesse», un romancier suit-il les pas de Stefan Zweig, qui, dans Les Grandes Heures de l'humanité, consacre une nouvelle à la Résurrection de Georg Friedrich Haendel: «La joie existe, oui, elle ne fait que nous traverser, nous brûler déjà de son absence, mais elle restera toujours notre guide le plus sûr.»

Blog de fFRANCIS RICHARD

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Un léger malaise, rien de grave. d'infimes décalages qui donnent à tous les personnages de ces nouvelles l'impression de ne plus être tout à fait à leur place, d'avoir imperceptiblement dérivés. Une femme qui ne se résout pas à enterrer son enfance, une restauratrice de vaisselle ancienne, évidemment incompatible avec le lavae en machine, un organiste sans public, une mère qui ne sait plus comment cuisiner pour sa fille, une archiviste qui a perdu le Nord, un écrivain à qui on reproche de ne s'intéresser qu'au passé…  Marginalité assumée ou pas, le fait est que le monde comme il va ne parle plus vraiment la langue de ces retardataires. Restent l'humour, toujours secourable, et la volonté d e ne pas perdre définitivement le contact, ni l'espoir.


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