DANIEL TSCHUMY

UN JOUR EN VILLE

Roman
2017. 184 pages. Prix: CHF 30.–
ISBN 978-2-88241-420-5


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Les auteurs romands font éclore une foison de publications

Le Salon du Livre de Genève a aussi révélé une belle vitalités des auteurs romands

Parmi les nombreuses sorties de cette première partie de l’année 2017, nous avons retenu, certes un peu arbitrairement, trois titres. Mais d’autres comptes rendus suivront…

{…} «Un jour en ville»

Le premier roman de l’enseignant Daniel Tschumy augure bien de la suite de son œuvre. Un jour en ville est un livre grave, parfois bouleversant, et largement autobiographique. Au cours d’une pérégrination d’une journée à travers Lausanne – où l’auteur décrit avec précision quartiers, rues, places, parcs, cafés, mais qui constituent aussi un long flash-back – le narrateur, Loïc, évoque son ancienne et forte amitié de plusieurs décennies avec Robin. Une amitié qui a longtemps reposé sur une passion commune, la course à pied, en s’inspirant des espoirs de leurs idoles, les Britanniques Steve Owett et son concurrent Sebastien Coe. C’est la partie jubilatoire du livre, qui est aussi un éloge de ce sport d’endurance. Mais un double malheur va tout assombrir. Robin est gagné par étapes par la sclérose en plaques, un drame qui va en entraîner d’autres: le départ de son épouse, une autonomie de plus en plus limitée, jusqu’à la chaise roulante et l’hospitalisation dans un établissement médical spécialisé.
Cette histoire d’une belle fidélité dans l’amitié connaît un nouveau tournant lorsque la femme du narrateur, encore jeune mère de deux fillettes, est frappée par un accident vasculaire cérébral qui lui laisse de très graves séquelles, un drame familial que Daniel Tschumy avait déjà évoqué dans «Place du Nord et autres lieux». Nous suivons cette descente aux enfers de Nadia et du couple, suivie d’une longue et partielle réhabilitation. Finalement, Lo!ic décide: «et l’auteur use là d’un procédé littéraire qui n’est pas nouveau – d’écrire l’histoire de son ami …le livre que nous avons sous les yeux.

PIERRE JEANNERET, Gauchebdo, No 18, 5 mai 2017

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Ce jour-là, Loïc, le narrateur, la cinquantaine, fait une balade après qu'il a quitté son ami Robin, placé dans une institution. Il fait une échappée loin de sa famille et suit un itinéraire qui n'a rien d'improvisé, à travers Lausanne, «désencombrée».
Pour lui, ce dimanche de septembre est Un jour en ville, «un jour de pause, [sa] mémoire survolant le passé à sa guise pour ignorer certaines zones et zoomer au contraire sur d'autres, leurs détails approchés de tout près.»
Ce sont trente-cinq ans de sa vie qui remontent à la surface de sa mémoire: des lieux où il a habité, des lieux où a habité son ami Robin, des lieux qu'ils ont fréquenté ensemble, depuis qu'en 1978, ce dernier a initié Loïc à la course à pied...
Robin et Loïc étaient alors devenus fans de deux athlètes britanniques rivaux, qui leur ressemblaient, ou à qui ils cherchaient à ressembler. Robin était fan de Steve Ovett, «un talent brut comme lui»; Loïc, de Sebastian Coe, «un artiste, fluide, aérien».
Depuis cette époque, pendant près de vingt ans, les deux amis vont courir ensemble jusqu'à ce que Robin connaisse des problèmes de couple, puis de santé, alors que c'était lui le sportif infatigable, qui incitait Loïc à toujours se dépasser...
Dans sa vie personnelle, Loïc ne va pas non plus être épargné et sa balade dans certaines zones de la ville lui rappellera les vicissitudes qu'il a traversées lui aussi. La fin novembre 2008 étant d'ailleurs douloureuse pour les deux amis...
Peut-être que ce qui sauve Loïc, à cinquante ans passés, c'est de pouvoir encore courir, même s'il n'accomplit pas d'exploits. À la course qui aura rythmé son existence pendant des lustres, il ajoutera un autre rythme, à la fin, celui de l'écriture:
«Le bonheur de ces deux rythmes, l'un prenant le relais de l'autre lorsque je me trouve à bout de souffle, sur mon sentier ou sur ma page. Oui, chaque fois que possible, il faut écrire après la course et courir après l’écriture».
Le troisième rythme, celui de la lecture, procure du bonheur à son ami Robin... et au lecteur, qui, s'il connaît bien Lausanne, la revisite volontiers avec Daniel Tschumy: qu'il la connaisse ou non, ce roman l'incite vivement à la parcourir à son tour...

Blog
de
FRANCIS RICHARD

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Un extrait du livre

Assis face au bassin du parc de Milan et ses étincelles flottantes, je contemple les gerbes d’eau, dont le son clair se mêle aux cris des baigneurs. Les autres petites morts de Robin sont là, sur le seuil de ma mémoire, comme elles ont franchi le cap du nouveau siècle pour en souiller les premières années. J’en garde certaines images, des bribes de conversations reprises lorsque, inquiet, je me rendais chez lui, ou avec lui au Café des Arcades, au Buffet de la Gare ou au Milan.
— Que dit le neurologue?, lui demandais-je chaque fois, dérouté par l’absence d’un suivi médical énergique.
— Qu’on ne peut rien faire. Il m’écoute, me donne ses conseils, un prochain rendez-vous et basta.
Il haussait ses solides épaules, scrutait un instant l’animation de la rue à travers la fenêtre, et nous passions à autre chose.


Un dimanche de septembre, peu après midi, sur les hauts de Lausanne. Loïc, la cinquantaine, quitte l’institution où réside son ami Robin pour descendre en ville et revisiter le passé. Trente-cinq ans se sont écoulés depuis leurs premières échappées belles, aux abords d’une rivière. La vie, ensuite, a tracé pour eux d’étranges méandres, fait mine de donner, un peu, beaucoup, avant de trahir ces semblants de promesses. Lentement, insidieusement, puis brutalement. Loïc, pourtant, a eu de la chance, si l’on peut dire. Témoin de drames dans son entourage qui ne l’ont certes pas laissé indemne, mais debout, au moins, debout pour faire face et relier aujourd’hui les lieux de ses souvenirs. Le temps d’une longue promenade à honorer jusqu’au bout, là où il s’est promis d'aller, à son rythme, seul et sans entraves.


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