MARINA SALZMANN

LA TOUR D’ABANDON

Roman
2018. 176 pages. Prix: CHF 29.00
ISBN 978-2-88241-433-5


Biographie

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«Elle dort souvent, partout. Elle s'assoupit à tout moment et n'ose même plus conduire une voiture. Mais après tout, quand elle sera morte, il en sera fini de ce bienheureux sommeil.»
Elle, Anna, est atteinte de narcolepsie. Il n'est pas étonnant, comme le montre à maintes reprises le récit, qu'elle confonde rêve et réalité... Elle habite une tour, La Tour d'abandon, dont on ne sait si elle doit son nom au fait qu'Anna s'y abandonne au sommeil, notamment dans la baignoire collective, ou au fait que cet immeuble est en piteux état, à en juger par la spirale de son escalier:
«À la descente, frôlant du coude la courbe du mur, on parcourt des volées de marches interrompues par les paliers sur lesquels les habitants entreposent les objets les plus variés, vieux meubles ou jouets cassés, ce dont on ne sait que faire sans s'être encore tout à fait décidé pour la déchetterie.»
Anna, la prof, n'habite pas seule. Le chien Trouvé, comme son nom l'indique, vit à ses côtés, comme son ombre. Quand elle est revenue du Sud, elle a découvert une femme torturée et nue, sur le mur de son salon:
«La femme sur le mur est un peu plus petite qu'elle mais lui ressemble. Chevilles épaisses, qui contrastent avec ses poignets fins. Ventre musclé et jambes un peu courtes. Seins minuscules. Sa tête est renversée sur le côté.»
Dans la même tour, habite son amie de longue date, la journaliste Tess (Teresa Esposito), la contrefaite de naissance: elle «a une malformation du bras droit», elle est «gauchère, en quelque sorte.» Avec laquelle elle converse quand elles se retrouvent toutes deux dans le corridor pour fumer:
«Les appartements de l'immeuble dans lequel vivent Anna et Tess sont distribués tels les pétales d'une fleur compliquée autour d'un axe constitué d'air: le centre de la vrille de l'escalier. Il est probable qu'ensuite, à l'intérieur des appartements, chaque habitant tourne autour d'un axe en quelque sorte secondaire, organisant ses gestes et parcours comme le fait Anna autour de la femme sur le mur, ou Tess à son bureau entre une pile de journaux et une tasse vide.»
Anna est allée dans le Sud pour tenter de savoir si la mort, il y a un an, de son frère Pablo était accidentelle ou non: il enquêtait sur un tableau volé en 1969, la «Nativité» avec Saint François et Saint Laurent du Caravage»... La compagne de Pablo, Antonella, sait seulement qu’«il envoyait régulièrement ses travaux à un ami qu'il avait en Suisse. Un nom allemand ou anglais…»
Au fil du récit, les passés de Tess et d'Anna resurgissent. Ils expliquent bien des choses sur ce qu'elles sont devenues l'une et l'autre et sur les liens qui les unissent. Mais le lecteur doit attendre la fin du livre pour que les dernières zones d'ombre se dissipent et que les mots de l'auteur terminent de se mêler au temps pour «y tisser un peu de mémoire»:
«C’est ainsi qu'hier vient dans aujourd'hui, que la fin s'éloigne dans le passé.»

Blog
de
FRANCIS RICHARD

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Ce roman raconte une année de la vie de deux amies, Anna et Tess. Toutes deux habitent dans la même tour d’appartements, vétuste et traversée de courants d’air. Anna qui souffre de narcolepsie et vit un peu entre rêve et réalité, voit émerger un jour une étrange créature sur le mur de son salon, une figure mouvante de femme qui paraît souffrir intensément sans que l’on en connaisse la raison. Sous ces yeux désespérés qui semblent ne pas la voir, Anna revient sur des éléments douloureux de son passé. La mort de son frère est-elle vraiment accidentelle? Était-il sur le point de retrouver une célèbre toile du Caravage, volée des années auparavant? Où sont passés les documents qu’il avait réunis lors de son enquête?


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