JACQUES CHESSEX

POÉSIE I, II, III

Préfaces de Christophe Calame
1997. 3 volumes sous emboîtage, 1'416 pages. Collection L’Œuvre.
Prix CHF 90.–
ISBN 2-88241-076-X, EAN 9782882410764

Bourse Goncourt 2004 de la Poésie


Biographie

Trois recueils pour suivre pas à pas le poète dans son cheminement, ses hantises et ses peurs. Cet élan poétique qui le traverse et met au jour le monde obscur qui l’anime.
…En revanche, la poésie, cette chose ailée, fugitive, légère, qui habite à cette frontière de la musique où vont mourir les mots… La poésie que l’on a en vain essayé d’apprivoiser au moyen d’une métrique codifiée, de la rime enchanteresse, tolère mal la justice et, pourrait-on dire, la pensée quand celle-ci se croit porteuse de vérité, profitable. D’où le fait qu’elle se trouve reléguée aux marges d’ombre quand le poète – tenté d’expliciter ce que la poésie a fait de ce monde obscur en lui qui l’a poussé à écrire – engage ses forces de création dans une double voie, où poésie et roman progressent parallèlement.
…Chessex donne l’impression, comme disait Claudel à propos de Verlaine, non pas d’un auteur qui parle, mais d’une âme que l’auteur ne réussit pas à empêcher de parler. Tandis que le romancier, lui, aspire désespérément à parler, à multiplier les conjectures, à développer tous les points de vue de son sujet: lui-même, ses fantômes, ses fantasmes.
Il était temps que le poète prenne sa revanche, et que la trentaine de recueils publiés, ici et là, entre 1954 et 1997, soient réunis. Voilà qui est fait, voilà l’œuvre: en trois volumes superbes où l’on suit le pas du poète, la cohérence sans faille de son cheminement. Et, alors que très vite il s’est inventé une discipline à son usage, on sent par moments que tel état poétique a été suscité par Baudelaire, ou telle mélodie par Verlaine.

HECTOR BIANCIOTTI, Le Monde