SYLVIANE CHATELAIN

UNE MAIN SUR VOTRE ÉPAULE

140 pages. Prix: CHF 28.-; € 12,50
ISBN 2-88241-161-8, EAN 9782882411617

Lauréate Lettres frontière 2006

Biographie

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Variations sur quelques thèmes, l’art, la solitude, la mort, les textes qui composent Une main sur votre épaule ont tous pour cadre le même lieu, la même maison. Les personnages de l’un se croisent dans un autre. Chacun contient en germe le suivant.
Ni recueil de nouvelles ni roman, ou alors lacunaire, ce livre se présente comme un puzzle à assembler de différentes manières, les pièces manquantes étant offertes à l’imagination du lecteur.
Une fois de plus, Sylviane Chatelain frappe par la haute exigence – alliée à une sensibilité poétique rare – de son écriture, qui fait que son audience ne cesse de s’amplifier au fil des parutions.


Le choix du libraire

C’est le premier livre que je lis de cet auteur, dont la qualité de ton et d’écriture, l’atmosphère et le rayonnement symbolique des histoires m’ont beaucoup impressionné: une découverte!
Toutes les nouvelles du recueil se passent dans la même maison un peu décatie, en laquelle on peut voir le personnage central. La solitude, le secret des êtres, la proximité de la vie et de la mort constituent les thèmes de ce livre qui n'est pas du tout morbide pour autant, mais grave, dense, ciselé, d'une rare beauté...

ALAIN NOVERRAZ, 24 Heures


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Si on sortait
Chronique de Roger Guignard, sur Radio Suisse Romande «La Première»


Entrer dans l’univers d’un livre, dans son atmosphère, c'est aussi une façon de sortir du quotidien et de s’évader... Aujourd'hui, Roger Guignard, vous nous proposez un coup de cœur, votre coup de cœur, pour le dernier livre de Sylviane Chatelain. Il s’intitule Une main sur votre épaule, est publié chez Bernard Campiche Editeur, et pour l’apprécier vraiment, le lecteur doit s’abandonner à son imagination...C’est ça ?

— Dans son style, ce livre est un pur diamant...c’est magnifiquement écrit, poli et ciselé comme un petit bijou... Le ton est grave et subtil tout à la fois, et sans le moindre lyrisme. Les phrases sont dépouillées, épurées et pourtant d’une très rare puissance d’évocation. C'est du tout grand Sylviane Chatelain, et voilà plus de dix ans que je salue le talent et l'exigence de cette Jurassienne bernoise, d'ailleurs récompensée par de très nombreuses distinctions littéraires... Le prix Schiller, le Prix de la Bibliothèque Pour Tous, et beaucoup d'autres...

Mais vous parliez de l'imagination du lecteur?

— Justement... le diamant a plusieurs facettes, et quand l’écrivain en choisit une, puis une autre, au gré de sa mémoire... il y a un moment où vous, lecteur, avez à reconstituer le tout! À créer le bijou ou à réunir les pièces du puzzle, si vous préférez cette image...Alors, chaque texte du livre... Le Pianiste, La Mort et La Gravure est précédé de quelques pages en italiques, comme une esquisse, comme des pistes possibles...Et après, au boulot, ami lecteur! La voisine du pianiste raconte le chemin qu’elle a fait pour le rencontrer dans sa maison... mais plus tard, c'est lui qui nous parle de sa Grande Maison, qu'il a choisi pour elle. On change de point de vue, et à nous d'imaginer une histoire d'amour, ou une fascination
de l'un pour l'autre... Finalement, le lecteur réécrit l'histoire à sa façon...

Et cette main sur notre épaule?

— C'est peut-être la main de l’écrivain qui bâtit sa maison de mots, celle du pianiste sur les touches ou du peintre évoqué dans La Gravure, celle aussi – et peut-être surtout, de la Grande Faucheuse, La Mort, évoquée avec une force, une densité dans un texte très court qui, franchement, m'a laissé béat d’admiration. Je vous l’ai dit: du pur diamant, sur le fond et sur la forme!

ROGER GUIGNARD, Radio Suisse Romande «La Première»


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Ce n’est pas le climat ou le relief qui nous empêche de connaître la littérature suisse francophone ou non c’est la rigueur de ce que l’on appelle le marché du livre…
Et c’est plus que regrettable parce que c’est la même sanction dont souffrent tant d’auteurs et d’éditeurs de chez nous…
Mais il y a comme cela des éditeurs qui parviennent à passer – un peu pour l’excellence de leurs auteurs et éditions et à qui en total coup de coeur je veux rendre hommage.
Bernard Campiche est de ces hommes qui croyent à la valeur, à la nécessité du livre et surtout lorsque le livre est bel ouvrage.
Ce qui est indéniablement le cas de celui-ci. Une main sur votre épaule, de Sylviane Chatelain.
Est-ce un roman? Est-ce une sorte de rêverie d’une narratrice dans une maison qui finalement l’envoûte comme elle fait? Sont-ce des paraboles très poétiques?
C’est en tout cas du texte soigné et emportant.
C’est la rencontre entre l’esprit du lecteur et celui de l’auteure dans un univers étrange qui est construction, bizarrerie, fantasme, non-dits et fantastique.
Osez donc ces soliloques d’une femme dans une maison dont on ne sait pas grand-chose d’autre que c’est une maison et ses occupants.

DENIS LEDUC, «À vous livre», Antipode Brabant Wallon 105.5 FM


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Une main sur votre épaule
Récits Imaginez une maison. Rêvée, pas forcément belle, mais imposante, terriblement envahissante, du moins dans l’esprit de Sylviane Chatelain. Si présente que le lecteur pourrait la détailler dès la fin du livre, à la fois nouvelles et roman. Plusieurs personnages poussent la porte métallique qui ouvre sur un jardin enchevêtré. Ils pénètrent dans la maison à l’aspect austère, qui exhibe une seule tourelle, comme un œil unique dans sa triste façade. Chacun la raconte à sa manière. Pianiste, écrivaine, peintre l’ont hantée mais aussi des gens presque ordinaires. La mort est très présente, et de façon magistrale, cette maison qui lutte contre les griffes du temps et des saisons cache dans ses murs un défi à la Faucheuse. Lent et poétique.

BERNADETTE RICHARD, L’Hebdo


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Bizarrement intitulé Une main sur votre épaule, le dernier livre de l’écrivaine imérienne Sylviane Chatelain est une ode à une mystérieuse maison

Comme une petite suite mélodieuse qui s’inspire de l’art de la fugue

Il y a presque quelque chose du Nouveau roman revu à la sauce poétique dans le dernier livre de l’imérienne Sylviane Chatelain: répétition de situations, lieu décrit par divers personnages qui eux-mêmes partent et reviennent, évoqués sous des angles différents. Et aussi une atmosphère identique, obsédante de génération en génération. L’ensemble rappelle Michel Butor ou Nathalie Sarraute, mais avec cette touche de sensibilité à vif qui caractérise l’écrivaine d’Erguël. Car si les Nouveaux romanciers apparaissent comme des bulldozers dans la littérature de l’époque, Sylviane Chatelain, elle, s’adonne, à la broderie anglaise.

Des morceaux de vie

Récit composé de plusieurs textes ? Roman éclaté qui aurait perdu le cours de sa logique? Nouvelles? Le genre n’existe plus dans cette petite suite mélodieuse qui s’inspire de l’art de la fugue. D’ailleurs un pianiste hante la maison – véritable héroïne du livre – et puis une écrivaine, un peintre. D’autres hommes, d’autres femmes, plus ordinaires. Tous ont en commun de servir de faire-valoir au bâtiment, à son jardin et à la rivière, qui coule à deux pas. D’histoire, il n’y a pas, ou alors des morceaux épars de vie, des éclatés d’existence, des instants arrêtés dans cette géographie austère, plutôt triste, qui semble prendre toute sa force quand grogne la météo, et quand des pluies diluviennes s’abattent sur elle.

Résistance aux épreuves

S’il fallait imaginer dans cette ouvrage une métaphore, alors elle aurait à voir avec la résistance aux épreuves : la maison qui sert de décor et de personnage principal étale à chaque page une âme douloureuse mais puissante face à l’adversité et au désamour qu’elle engendre. Peut-être parce que ce curieux bâtiment a été érigé n’importe où, dans l’un de ces quelconques bouts du monde dépourvus de grâce, où nul ne veut s’installer, hormis des artistes en fin de carrière ou des êtres maladifs, telle Hélène immédiatement séduite, alors que son compagnon raconte : « Nous avons visité la maison, froide et humide comme on pouvait s’y attendre, les arbres grandis trop près, leur foule sombre, massée aux fenêtres, des pièces en enfilade, des papiers peints tachés, des salles de bains vétustes, une cuisine vide à part l’évier cassé… ». L’ambiance est résumée dans ces quelques mots. Pourtant, au fil des récits où les personnages, plus fantômes qu’entités réelles se croisent, la maison prend de l’ampleur, avec sa tourelle unique, sa façade grise, son jardin fouillis, la grille d’entrée grinçante. Et le cours d’eau qui déploie lui aussi des humeurs, une placidité trompeuse, des bouillonnements subits.

À chaque maison son chat

La maison n’est pas belle, elle n’est pas bien située, elle n’a rien pour elle. Pourtant elle retient l’attention de ceux qui par hasard sont confrontés à son étrange présence, les renvoyant alors à la solitude essentielle de l’humain.
L’entretenir tient du pari perdu d’avance. Elle a quelque chose du trou noir bouffeur d’énergie. Ceux qui tentent de s’y établir s’y engluent, la mort rôde, la folie, ou simplement la fin des illusions est-elle signifiée là, face à un monde en décomposition. Pour preuve, la maison est squattée par une chatte qui pourrait bien flirter avec l’éternité : « Elle surgit, frôle les murs, et il m’arrive de penser qu’elle n’est que l’ombre d’un chat depuis longtemps disparu. » Cette Rousse aux yeux verts fait partie intégrante de la maison, elle s’y coule, s’y enroule, surgit de nulle part – parfois d’une fenêtre laissée ouverte à son intention. Mais elle se moque bien des intentions des hommes qui tour à tour séjournent pour un temps dans la maison, symbole du refuge quand les temps sont trop durs pour la féline toujours libre de choisir d’être là ou de ne pas y être.
Sylviane Chatelain n’est pas d’un accès facile. Elle exige de ses lecteurs qu’ils s’arrêtent, se posent avant de se plonger dans une écriture tissée de silences et de respirations à peine audibles. La structure de Une main sur votre épaule, qui devrait logiquement s’appeler La Maison, surprend brusquement quand on la croit linéaire et installée. Comme dans ses précédents romans ou nouvelles, le style de l’Imérienne est toujours finement cousu. Le ton du livre, lourd de menaces –  qui ne sont que celles de l’impitoyable destin – font de cet ouvrage un morceau de délicate esthétique littéraire, à consommer quand le cœur est au beau fixe.

BERNADETTE RICHARD, Le Quotidien jurassien


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Une maison au goût de l’au-delà

Comme surgie des méandres de la rivière : une maison solitaire, massive, inquiétante et sublime, avec son labyrinthe de pièces hantées par une chatte rousse, son unique tourelle, son immense mur d’enceinte et sa petite porte de fer. Dans ses murs à la fois humides et rassurants, les ombres se mêlent : celle d’une romancière dont les écrits ne font jamais allusion à la maison, la main d’un peintre guidée par ses contours ou celle, virevoltante, d’un pianiste.
Les dix récits publiés par Sylviane Chatelain sous le titre Une main sur votre épaule convergent vers l’antique bâtisse, comme la vie à la mort. Inextricablement. Et les destins s’éclairent, chaque texte annonçant le suivant, évoquant le précédent. À la manière d’un puzzle, l’auteure construit un monde traversé par une rivière implacable, qui «passe en emportant ce qui ne tient pas». Son style évoque le murmure de l’eau qui s’élève, sensuel, limpide et envoûtant, rappelant avec justesse la fragilité de la vie.

CLD, La Gruyère


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Kaléidoscope

De la musique, un tableau, un visage furtif entrevu derrière un rideau, une maison, grande, flanquée d’une tourelle, un parc, une petite porte, un ruisseau. Autant d’éléments qui composent la « maison de mots » que Sylviane Chatelain bâtit au fil de ses écrits. À chaque fois la même magie se reproduit. Un monde tremblant, aussi instable et coloré qu’un kaléidoscope se solidifie peu à peu sous la plume de l’auteure romande. La richesse des impressions, des sentiments et des sensations évoquées nous prend peu à peu dans un lent tourbillon. J’aime la manière poétique de dire la solitude, d’évoquer l’absence, de peindre les gris de la tristesse ou de la maladie, émaillant de touches vives le regard de l’âme au contact de la nature. Les relations duelles sont aussi transcrites avec une finesse de dentellière.
Un pianiste, vu de dos, évoquant la force, ressenti pleinement par celle qui l’observe, jusqu’à en être imprégnée. Amour, désamour… On ne sait pas, et cela n’a pas vraiment d’importance.
Tapie au fond d’elle-même, guettant le monde de ses moustaches préhensiles, elle nous fait percevoir le monde à sa manière. Sublime façon de se glisser dans ses personnages, d’habiter une maison inhabitable, de rendre des notes de musique audibles par le miracle des mots. La mort, la vie, semblent imaginaires à force d’avoir été «souffertes». Riche d’un monde onirique qu’elle nous fait partager, rôdeuse de la nuit, Sylviane Chatelain nous capture dans un entrelacs d’images qui laissent des traces fortes ou légères, mais durables.
Je me souviendrai toujours comme dans un rêve de la Maison archétypale découverte dans son premier roman. Musique d’une âme pour une autre âme.

MARIE-FRANÇOISE PIOT, Le Passe-Muraille


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La maison, le piano et la mort

Le nouveau livre de Sylviane Chatelain, Une main sur votre épaule, est présenté par son éditeur comme n’étant ni un roman, ni un recueil de nouvelles, mais une sorte de puzzle. Chaque pièce a pour cadre la même maison et chaque personnage contient en germe le suivant. Une étrange architecture qui résiste bien à la lecture puisque l’écriture de Sylviane Chatelain a pour elle cette petite musique lente, posée, lentement ciselée. Inspirée à la base par un récital de piano qui a fortement marqué l’écrivaine de Saint-Imier, ce livre est surtout une longue circonvolution autour de la mort. Il y a toujours quelque part un mur à franchir, une frontière à passer. Mais comment quitter le jardin qui entoure une maison. N’est-ce pas symboliquement accepter l’au-delà, l’inconnu de la mort? Et c’est la mort qui pose une main sur votre épaule, parfois. Juste une pression, une présence paradoxale, avant que ne revienne la lumière. Que la vie se poursuive.

JACQUES STERCHI, La Liberté


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Variations silencieuses

Sylviane Chatelain construit une ambitieuse entreprise littéraire depuis Saint-Imier. Son septième livre, Une main sur votre épaule, mélange les genres et libère une langue poétique, ample et en combat.

On pense à elle comme à une auteure de la caresse de l’ombre. Elle vit pourtant Rue du Soleil, dans une maison un peu isolée des hauts de Saint-Imier, et a commencé à publier en remportant le concours de nouvelles du café du Soleil, à Saignelégier. Ce clin d’œil à l’astre mis à part, le soleil ne joue jamais les rôles principaux chez Sylviane Chatelain, malgré cette phrase: «Le soleil monte chaque jour plus haut au-dessus du mur, le pré se prépare à dresser ses épis comme des lances», en page 21 du dernier livre, Une main sur votre épaule. Les lumières littéraires de Sylviane Chatelain restent tamisées et élégantes: «Il n’y avait plus derrière les vitres qu’une faible palpitation de braises sous un capuchon de cendres.»
Une main sur votre épaule, une suite poétique de phrases qui rendent hommage à une maison comme à un corps. Six livres depuis 1986, des nouvelles et des romans en alternance, presque par hasard. Ce dernier opus, toujours chez Bernard Campiche, mêle les deux genres. Des livres dont les titres suffisent déjà à dire la quête de sens: Les routes blanches, La part d’ombre, De l’autre côté.

«Je me sens toute seule»

On pousse la grille du jardin. Il y en a beaucoup dans le livre qui nous a brûlé les doigts et que l’auteur nous a dédicacé ainsi: «Pour écarter le silence». Tout semble paisible ici, pas de mari, ni d’enfants en ce moment. La romancière en a eu quatre, ils ont grandi. Juste une chatte qui se faufile, qui recherche la paume aimante. Une nouvelle fois l’écriture se faufile dans le réel: «J’ai attendu, une branche s’est balancée un instant avant de reprendre sa place. C’est tout. Sans doute était-elle partie devant elle, sans se retourner, c’était une chatte solitaire, qui se suffisait à elle-même. Alors j’ai continué d’un pas lourd, j’ai continué», écrit-elle. Ailleurs la chatte «s’est levée, détournée, éloignée sans bruit, effacée dans la nuit comme si elle n’avait jamais existé et je me suis rendormi.» Rien n’est là par hasard dans les romans de Sylviane Chatelain. Surtout pas la musique de la langue, les mots gravés comme lorsqu’elle fréquentait les beaux-arts.
On va commencer par là. Le mouvement que permet le silence. L’auteure montre l’étage au-dessus, où elle écrit: «Ma manière à moi d’écouter le silence qui m’entoure. Je me sens toujours toute seule, j’ai de la peine à me comprendre, à posséder ma langue. Écrire me permet de me défendre, de défaire le langage, de me battre contre ce qui m’emprisonne, de redonner du sens.»

Un pianiste ou des nazis

Sylviane Chatelain ressemble à son écriture compacte, resserrée, à l’écoute d’elle-même, mais malgré tout ouverte aux fièvres de l’autre, aux murmures, à la pénombre, à l’indicible. Et quand elle avoue que «ce n’est pas toujours facile d’obéir à ses personnages», on la croit et imagine les circonvolutions automatiques de sa main.
Des circonvolutions qui renvoient le lecteur à la vérité de la phrase, à sa puissance au-delà de l’histoire qu’elle raconte. Il reprend le mot en lui pour y dénicher ses propres couleurs. Le lecteur dans le canapé de l’écrivain et bientôt de nouveau dehors. Seul lui aussi, il réentend la langue qui frissonne ainsi et fabrique ceci: «Il ne reste plus, sur le portrait de ma chambre, que de début de sourire, le regard ébloui des paupières absentes et le tintement tenace dans le silence de cette note calme, son rappel patient.»
Une main sur votre épaule, est née un soir de musique à La Chaux-de-Fonds: «Une sorte de rencontre inconsciente. Grigory Sokolov jouait admirablement bien. Mais il était froid, réservé, saluait à peine, cela m’a renvoyée à la solitude de chaque spectateur dans la salle et à des questions d’écriture.» Elle avait commencé L’étrangère en regardant un reportage sur les néo-nazis où des jeunes expliquaient calmement qu’il étaient prêts à mourir pour défendre leur idéologie. «Je ne fais pas de politique, j’essaye juste de dire mes craintes.»
Très tôt, Sylviane Chatelain a trouvé un refuge dans les livres, sa compréhension du monde, des émotions passaient par les mots imprimés. Après quelques années d’enseignement du latin et beaucoup d’errance, elle a décidé de fuir définitivement. La seule façon d’y accéder: «Éventuellement être un écrivain, en apprenant toute seule, un métier qui permet de louvoyer. Travailler avec les mots me laisse devenir lucide, on traverse les murs, on ouvre, on voit clair, ce n’est pas toujours confortable.»
La lecture de Sylviane Chatelain résonne par son esthétisme et la précision de son regard sur les saisons musicales et forcément éphémères de la vie. Mais endurcit aussi, précisément parce qu’elle fragilise, enferme et libère dans un même mouvement, bien loin des tortionnaires. On se sent bercé dangereusement par ce bien bel ouvrage et repousse la grille de la demeure, celle de Saint-Imier. Là où cette citadelle de mots et de pierres a construit le souffle de cette écriture déguisée en main venue se poser sur votre épaule.

ALEXANDRE CALDARA, L’Express et L’Impartial


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Le plaisir de cheminer

Au terme de nouvelles, l’auteur préfère celui de «variations» pour présenter les textes composant son dernier recueil. À chaque publication, l’écrivaine jurassienne Sylviane Chatelain fait mouche, et se voit honorée d’un prix. La beauté de son écriture ne saurait passer inaperçue, qu’Une main sur votre épaule vient encore confirmer. Au son d’un piano que l’on entend entre les lignes, on suit l’auteur entre maison et nature, à ne plus savoir si l’on rêve ou si c’est la vraie vie. Qu’importe… on chemine avec elle de rencontres en souvenirs, d’émotions en désirs, et sa plume est un guide en qui l’on a confiance. Au bout de la route, aux derniers mots du livre, on se dit que c’est le chemin qui comptait, qu’il a été doux de le parcourir, et l’on comprend, mieux qu’avant, pourquoi on aime tant… lire.

CATHERINE PRÉLAZ, Générations


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