ANNE-CLAIRE DECORVET

L’INSTANT LIMITE

nouvelles
2014. 248 pages. Prix: CHF 32.–
ISBN 978-2-88241-378-9

Prix Pittard de l’Andelyn 2015


Biographie

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Écrit dans une langue goûteuse, d’une précision parfois cruelle, mais tellement belle, L’Instant limite raconte dans chacun des huit récits, le moment où bascule la vie et où, que ce soit avec apaisement ou douleur, rien ne sera plus jamais comme avant.
On y rencontre la peur du manque qui vire au drame au-delà d’une quelconque conscience humaine, la fuite dans le crime ou l’alcool, les réminiscences du passé qui empoisonnent le présent, la musique où la portée est en gouttes de sang, le cauchemar des maisons toutes pareilles, l’appel du feu contre le supplice du vent.
Même si l’instant limite est quelquefois de douceur, tout se passe dans une atmosphère entre cauchemar et réalité où l’on voit que l’existence est bien fragile et la nature humaine pleine de contradictions.

JULIETTE DAVID,
Suisse Magazine

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L’Instant limite

À quel moment l’existence bascule-t-elle, quel instant décide pour nous ce que ne se sera plus jamais «comme avant»? Anne-Claire Decorvet a plusieurs indices, qu’elle développe diaboliquement au fil de ces huit nouvelles. Le ton est tour à tour allègre et mélancolique, réaliste et fantasque, et dans ce mélange si reconnaissable (n’est-ce pas celui de nos propres vies?) on se coule instantanément, dérivant avec lui du quotidien et des émotions simples vers des situations extrêmes qui ne dureront qu’un instant – mais changeront tout! Excellent!

Marie-Claire Suisse

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Festival à bascule

Un bref moment, à peine quelques secondes, où se produit l’impalpable mais indéniable bouleversement. Un subreptice laps de temps qui transforme un être à jamais. Telle une habile équilibriste, Anne-Claire Decorvet effleure l’âme  humaine et appuie sur L’Instant limite, cet insaisissable instant  où un individu bascule et s’égare.
Huit nouvelles sur l’amour, la peur, la folie, l’envie, la vie… Craignant plus que tout la solitude, Lisa préfère égorger et équarrir son amant afin que, lové dans son congélateur, il ne la quitte jamais. Mieux vaut prévenir que périr. Fuyant la brutalité et la sécheresse du monde, Georges se réfugie dans les brumes douces et réconfortantes de l’alcool, et s’enfonce inexorablement dans le néant. Une descente d’enfer. Débordant de compassion et d’autre honorables sentiments, un employé de pompes funèbres est ridiculisé par une famille en deuil jusqu’à se transformer en monstre d’agressivité crasse. À cran et à cris. Un recueil de nouvelles qui dépasse les limites.

ALINDA DUFEY,
Vigousse

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Parler d’un recueil de nouvelles est toujours une gageure. Parce que, dans bien des recueils, il n’est guère de point commun entre les nouvelles qu’ils contiennent.
L’Instant limite, d’Anne-Claire Decorvet, est l’exception qui confirme cette règle. En le prenant en mains, je constate que le titre de ce recueil n’est pas celui de l’une d’entre les nouvelles. C’est de bon augure.
Si les histoires sont toutes bien différentes les unes des autres, elles ont en effet un point commun. Toutes comportent dans leur déroulement un instant limite où l’existence bascule et où rien ne peut plus être comme avant. Cet instant limite est somme toute un point de non retour.
Huit nouvelles, huit occasions de passer ce genre de limite irréversible.
Lisa est en manque d’Émilien, qui jouait de l’accordéon. Elle craignait qu’il ne parte et qu’il ne revienne jamais. Alors le meilleur moyen de le retenir a été de l’estourbir et de le découper en morceaux, qu’elle a répartis en sachets de dix-sept litres dans son congélateur et qu’elle dévore l’un après l’autre d’un amour cannibale et insatisfait.
Georges – est-ce bien son nom? – s’est retrouvé aux Alcooliques Anonymes, obligé de s’y rendre par son médecin, le Dr Martin. A chaque séance il raconte un peu plus de sa vie. Au début – est-ce bien le début? – il a eu un accident de scooter en état d’ivresse. Il ne se souvient plus de rien et se déplace maintenant avec des béquilles.
Jules Audouard est employé de pompes funèbres. Un jour, en l’absence de son patron, parti en vacances à Cuba, il doit s’occuper de la dépouille d’une mère de six enfants. Cercueil ou incinération? Il est incapable d’orienter les six dans leur choix. Et l’affaire traîne en longueur jusqu’au jour où une décision est prise, non sans conséquences.
Ludwig est chef d’orchestre. Sans vraiment lui demander son avis Mya s’est installée chez lui. Il l’a laissée faire «parce qu’elle avait le regard doux, des gestes lents, que c’était reposant cette douceur, cette lenteur après des années passées sur les routes avec l’orchestre». Mais, avec le temps, leurs relations se tendent jusqu’à la rupture.
Marius est lycéen. Il confie à son journal intime qu’il ne veut pas vieillir. Sa grand-mère, Mamina, atteinte de la maladie d’Alzheimer, va finir ses jours à la Maison du Repos. Il obtient de l’accompagner le jour de son admission. A la demande d’une infirmière, il accepte par la suite de devenir bénévole pour accompagner les vieux de l’établissement dans leurs promenades. Seulement, des morts subites s’y produisent.
Ils sont tout un groupe, hommes et femmes, attablés à la terrasse du bar de la Mairie. L’apparition d’une jeune femme les laissent complètement béats. De loin elle semble porter «une robe unique enroulée sur un corps parfait». Aucun d’entre eux ne porte de vêtements de première main. Alors ils boivent et les tournées se suivent.
Salomon et Hélène habitent depuis six mois un lotissement de maisons bas de gamme, toutes pareilles, bâties par la société Toutenbois.Elles ont toutes les mêmes meubles, de chez IKEA. Ce qui peut prêter à toutes sortes de confusions, quand on rentre fourbu chez soi, et bouleverser plus d’un destin.
Les incendies dans le midi de la France sont un fléau bien connu. Se produisent-ils par hasard? Rien n’est moins sûr, d’autant que des intérêts pécuniaires sont en jeu. Bastien finit par accepter de devenir pompier volontaire, mais ce n’est pas seulement le feu attisé par le mistral qui le tourment
Dans chacune de ces nouvelles, où pointe la satire, la tension monte jusqu’à l’instant limite qui n’est pas celui qu’on imagine de prime abord. Cet instant se produit en effet à la fin de chaque histoire, au moment de la chute. Et cette chute, que ce qui précède ne laisse pas présager, est plutôt heureuse, en dépit des détails vrais qui seraient plutôt sinistres.

Blog de
FRANCIS RICHARD

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Voici l’instant fragile où renaît la joie, l’instant trompeur où l’on s’anéantit sans regret, l’instant lucide où l’on se cache les yeux. Voici le temps d’une déflagration, quand se réveillent les mauvaises pensées et les sauvages jalousies. Puis vient la paix d’un instant d’amour et du tendre oubli… Passé cet instant limite, une existence aura basculé, dans l’écho ténu d’une musique obstinée, et rien ne sera jamais plus comme avant.

ANNE-CLAIRE DECORVET

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