camPoche 12


SYLVIANE CHATELAIN

La Part d’ombre

Roman
2005. 240 pages. Prix: CHF 14.–
ISBN 2-88241-151-0, EAN 9782882411518

Prix Hermann-Ganz 1989 de la Société suisse des écrivains,
Prix 1989 de la Commission de littérature française


Biographie

Vous pouvez nous commander directement cet ouvrage par courriel.


Jusqu’ici auteur de nouvelles, Sylviane Chatelain publie son premier roman, La Part d’ombre, aux Éditions Bernard Campiche. Titre et dessin de couverture (de l’artiste Silvia Bächli) sont parfaitement explicites, tant sur le thème que sur la tonalité de l’œuvre. Nora, veuve, mère de deux filles adultes et d’un garçon mort dans un accident, se sent «dépouillée de ce qu’elle a aimé».
Dans sa lutte contre le vertige de l’âme et de l’esprit qui la saisissent lorsqu’elle se penche sur ses défaites et ses renoncements, Nora frôle la folie. La voilà dans une clinique, à repasser le film de sa vie. On la voit découvrir un jour le corps d’une jeune femme que l’on soupçonne de s’être suicidée, puis s’intéresser au petit garçon de cette femme. Sur ces événements se greffe la salvatrice redécouverte du dessin, que Nora pratiqua passionnément dans sa jeunesse: sur le papier surgit parfois «un monde plus vivant que l’autre».
Pour ses filles, Nora est devenue une mère bien difficile à comprendre. Voilà pour le thème. Quant à la tonalité, elle reste comme dans les nouvelles de Sylviane Chatelain, résolument sombre. La neige, décor obsédant, la neige qui serait pour Nora la «parfaite étreinte», c’est aussi la couleur blanche symbole de la mort, comme dans les romans japonais.
L’ellipse, le croisement continuel des temps du récit, le glissement imperceptible du réel à l’imaginaire exigent parfois une relecture; mais cette difficulté passagère n’empêche pas que le lecteur entende avec un serrement de cœur la voix angoissée, hypersensible et pudique de Nora.

ROSE-MARIE PAGNARD, Coopération, 1988


Haut de la page


Des dessins de fou! pensent les enfants des peintures qu’esquisse et peaufine inlassablement leur mère. Des dessins qui contiennent tous ses silences et cette part d’ombre qui échappe à ses enfants.
Eux retrouvent en Nora la mère seulement, «une voix, des gestes, une odeur trop longtemps confondus avec le plaisir des repas, la chaleur du lit, le sommeil, la maison, comme elle un lieu où s’abriter pour grandir».
Quelle femme est-elle? Qui était-elle avant la naissance des enfants? Quelle adolescente, quelle amoureuse? Quels étaient ses désirs, quels ont été ses fêlures, ses révoltes, ses renoncements? Elle peint, mais personne n’a jamais prêté attention à ses grandes feuilles blanches, si ce n’est les enfants pour y gribouiller, dès qu’ils ont pu tenir debout sur leurs jambes.
Dans l’espace dilaté par le silence de sa maison encoconnée par la neige qui tombe inlassablement, Nora dialogue avec une morte, rassemble sa vie autour d’elle, se réconcilie avec ses sentiments, cherche un sommeil libérateur. Ce chemin intime à travers angoisses, déceptions, silences, bonheurs, désirs refoulés, le compte de cette mise à nu, nous est conté par la Neuchâteloise Sylviane Chatelain dans son premier roman La Part d’ombre, en demi-teinte et en accords mineurs, feutrés par la neige qui tombe sur le village de Nora pendant les longs hivers jurassiens.
Petit à petit, le puzzle de cette vie intérieure nous est révélé, par touches énigmatiques, dont la cohérence s’ordonne peu à peu et implose. Nora part dans la neige qui recouvre ses pas, sur les traces de cette jeune femme morte d’avoir glissé ou de s’être jetée au bas de la carrière, personne ne le saura jamais.

NICOLE MÉTRAL, 24 Heures, 1988

Haut de la page


Cette ombre est très blanche, blanche comme le néant, comme la solitude et comme cette neige qui d’un bout à l’autre du livre accompagne Nora. Il a fallu à la fin de sa vie qu’elle se remette en question, perdue qu’elle était d’avoir occulté sa nature profonde pour ses devoirs d’épouse et de mère.
Enfermée dans les méandres de la dépression, elle mélange rêve et réalité. Ses longues conversations avec Maud, cette femme qu’elle a découverte morte, peut-être suicidée, peut-être assassinée, dans la forêt lui aideront à retrouver sa voie, contre l’envahissante intrusion de ses filles. Elle se remet à dessiner «Ces dessins sont beaux, mais ce sont des dessins de fous».

JULIETTE DAVID, Suisse Magazine


Vous pouvez nous commander directement cet ouvrage par courriel.

Extraits (Acrobat, 68.1 Ko)
Articles (Acrobat, 58.4 ko)

Haut de la page