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MICHEL CAMPICHE

Moments d’une vie

2009. 550 pages. Prix: CHF 22.–
«Moments d’une vie»
comprend trois textes:
«L’Enfant triste», paru en édition originale en 1979 aux Éditions de L'Aire, à Vevey;
«L’Escale du Rhône» paru en édition originale en 1991 chez Bernard Campiche Editeur, à Yvonand;
et «Journal de mémoire», inédit à ce jour.
ISBN 978-2-88241-247-8


Biographie

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À propos de L'Escale du Rhône:

L’intérêt de ce récit tient à la loyauté de l’écriture et du témoignage. Une manière nette, un peu froide de dire les choses (Michel Campiche est historien, auteur d’une Réforme en Pays de Vaud, en 1986) mais aussi sensible, délicate, émue devant la beauté des paysages et la qualité des êtres. Le Valais, qu’il découvre pendant les années de guerre où la Suisse est séparée du monde, par un singulier privilège. Il a vu l’Allemagne pendant un court séjour en 1939, avec ses parents. Il pressent le danger terrible qui pèse sur ce pays: «Le matin du départ, à cause de la catastrophe qu’ils sentent fondre sur eux, il me semble que nous les abandonnons.»
L’Escale du Rhône, période de libération pour le jeune homme, est avant tout un témoignage d’admiration pour ses maîtres d’alors, ces chanoines tout abandonnés à leur vocation d’enseignant. Tous ne sont pas admirables, bien sûr. Campiche a souvent la dent très dure. Mais il sait parler de ceux qu’il aime et il a le don du portrait. Par exemple, le chanoine Norbert Viatte, qui enseignait la littérature française: «Sa voix prenait les inflexions les plus délicates, elle exprimait jusqu’au dernier mouvement de l’âme.»
Le Valais, Lausanne, le culte darbyste, la mentalité étroite d’une époque et d’un milieu. Il faut lire ce livre, qui est un bel exemple de sociologie humaine.

GEORGES ANEX, Journal de Genève


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Moments d’une vie

Mémoires. Michel Campiche avait publié L’Enfant triste en 1979, puis L’Escale du Rhône en 1991. Ces deux récits autobiographiques sont réunis dans Moments d’une vie et complétés par un troisième, Journal de mémoire, qui, lui, est inédit. Dans un style d’une grande pureté, l’auteur y évoque ses années d’université à Lausanne et à Fribourg. Il raconte comment il s’est arraché à la double emprise de son père, aux yeux duquel il n’a jamais été qu’un «échec vivant», et du darbysme familial dont il s’est éloigné pour entrer dans la foi catholique.

MICHEL AUDÉTAT, L’Hebdo


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Les Moments d’une vie du Vaudois Michel Campiche

L’auteur vit encore. Il vient même d’écrire la troisième partie de ce qui constitue désormais une trilogie. La Romandie évoquée par Michel Campiche dans Moments d’une vie n’en apparaît pas moins aussi lointaine que l’Helvétie romaine. Les années 70 ont emporté ces préceptes moraux que nos grands-parents érigeaient comme des remparts afin de mieux protéger leurs consciences. Ce beau livre tient par conséquent également du document historique sur les années 1936 à 1950.

Le milieu darbyste

Né à Lausanne en 1922, Michel Campiche a d’abord commencé par être L’Enfant triste. Il y avait de quoi! D’abord ses parents appartenaient à l’étroite communauté darbyste. Venue des pays anglo-saxons, cette dissidence du protestantisme s’écarte de toute Église, afin de mieux se soumettre au jugement des siens. Prière de rester entre soi. Les époux Campiche n’en restaient pas moins mal assortis. Marchand de chaussures, le père s’est mis à boire. Cet homme, qui parvenait à donner le change à l’extérieur, devenait violent avec les siens. Le petit Michel allait donc se replier sur lui-même, bientôt incapable de suivre une école. À ce premier livre, sorti en 1979, avait suivi L’Escale du Rhône en 1991. Rejeté par le système scolaire vaudois, Michel s’était retrouvé au Collège de Saint-Maurice. Ce fut la découverte, fascinée et craintive, du monde catholique. L’adolescent tentait de se construire une personnalité dans un monde où sa famille demeurait trop présente. Le père intervenait sans cesse auprès de ses professeurs à une époque où un tel homme avait forcément raison. D’où une nouvelle impression d’écrasement.

Planche de salut

Manquait une suite. La voici avec Journal de mémoire. Le jeune homme lutte pour trouver sa place dans la société. Il ne peut compter que sur lui-même. Sa difficile conversion ne lui apporte qu’une planche de salut. Gagner sa vie reste autre chose. La mort du père clôt des centaines de pages de souvenirs amers. On peut imaginer des prolongements. Campiche a fini par enseigner et publier. De l’Histoire d’abord. De la fiction ensuite. Mais d’une manière parcimonieuse. L’auteur n’est pas devenu un homme de la facilité. On ne se coupe jamais de ses racines!

ÉTIENNE DUMONT, Tribune de Genève


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La rentrée

La rentrée scolaire est ce rituel de la fin d’été où chaque année toutes les énergies, celles des directions, celles des professeurs et celles des élèves, tendent vers un même but. C’est l’instant miraculeux où on respire le renouveau et la bonne résolution. J’ai profité de cette période surchargée pour lire trois œuvres de Michel Campiche. Je connaissais les deux premières: L’Enfant triste et L’Escale du Rhône. J’ai découvert la dernière, Journal de mémoire (Bernard Campiche Éditeur, 2009. En un seul livre de poche).
C’était la rentrée de septembre 1964. Je débarquais alors au collège de Saint-Maurice, et je me souviens de ce professeur d’histoire, svelte, une mèche noire sur le front, un peu austère pour des élèves de douze ans, et qui dans son costume gris se tenait appuyé contre le pupitre en nous parlant de… je ne me le rappelle pas au juste, ce dont je me souviens, c’est de cette silhouette qui devra rester à jamais pour moi la silhouette de l’histoire. Michel Campiche était debout devant nous. Ses mains mobiles soulignaient par moments des propos sibyllins. Il parlait… et près d’un demi-siècle plus tard je ne suis pas certain d’avoir compris ce qu’il nous disait.
Longtemps après, j’ai retrouvé Michel Campiche: il écrivait. En 1979, j’avais aimé L’Enfant triste dont le titre m’avait d’emblée alerté, et surtout en 1991 son Escale du Rhône. Il s’agit d’un fort récit en forme de tresse. Trois fils s'entre-tissent: la relation au père (darbyste), la Seconde Guerre mondiale et la vie à Saint-Maurice. C’est en tant qu’élève dans ce collège, entre rochers et Rhône, le temps d’une escale de trois ans, que le jeune Michel va se libérer de ce père et d’une éducation étroite. Il y découvre la chaleur humaine ainsi qu’une facette du catholicisme pour lequel on lui avait pourtant conseillé la méfiance. Car deux figures dominent l’enseignement, deux chanoines, Norbert Viatte et Paul Saudan, dont la lumière finira par pénétrer le cœur du jeune homme.
On n’éduque pas avec des mots, mais avec de la lumière, je revois cette rentrée de 1964. Le ciel est couvert, un petit vent lessive la cour de l’internat, et une odeur de crayon fraîchement taillé flotte dans la salle de classe. Je revois le professeur d’histoire. C’est un autre monde, qui n’a plus rien de commun avec nos rentrées d’aujourd’hui, où des coachs rétribués parrainent des élèves stressés et tendus!

JEAN ROMAIN, Nouvelliste et Feuille d’Avis du Valais


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Moments d’une vie

La difficulté de communiquer et l’invraisemblable gâchis auquel elle aboutit sont un des thèmes principaux de ce livre. Michel, enfant fragile, souffre de la mésentente de ses parents, qui ne lui font grâce d’aucun détail de leurs dissensions. Épuisé, il se referme sur lui-même et s’effondre sous le poids de ses problèmes scolaires et familiaux. Même ses professeurs ne lui sont d’aucun secours, le père intervenant à tout instant pour imposer son point de vue. L’enfant, conscient d’être «l’échec vivant» de son père, souffre et se tait.
Il ne reste qu’une solution, que la famille, darbystes fervents, accepte, avec quelque inquiétude: l’inscrire à l’abbaye de Saint-Maurice, chez les catholiques. Il y découvre des maîtres entièrement voués à leur vocation d’enseignants et, si tous ne sont pas admirables, il en gardera toute sa vie un souvenir réconfortant.
De retour à Lausanne, il lui faudra, à bout de forces, couper les liens avec sa famille pour essayer de se reconstruire.
Ce livre est de ceux qu’on ne quitte plus dès qu’on l’a commencé. C’est un tableau sans concession de la mentalité étroite d’une certaine société de l’époque. C’est aussi l’histoire de ce petit pays qui survit, entouré de toutes parts par la guerre.
Le style est net, contenu et particulièrement efficace. On y sent tout l’amour d’un coin de terre, ce pays de Vaud, et une profonde sensibilité pour les êtres et les paysages. Qu’on y retrouve avec délice une atmosphère qu’on a connue ou que, venant de l’extérieur, on y découvre l’ambiance d’un pays et d’une époque, c’est un livre qu’il faut lire.

JULIETTE DAVID, Suisse Magazine

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