camPoche 86


ELISABETH HOREM

Feu de tout bois II

(Journal 1992-2016)
Édition originale
ISBN 978-2-88241-441-0


Biographie


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Manifestations, rencontres et signatures
Index des auteurs


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Feu de tout bois, journal d'une écrivaine qui a parcouru le monde

«Énoncer le flux du temps», tel est le propos d'Elisabeth Horem, romancière française qui a séjourné dans une dizaine de capitales – dont Bagdad en guerre – aux côtés de son mari, diplomate suisse.
L'intime aussi bien que l'exotique, les aléas du quotidien à Doha ou à Berne de même que les belles rencontres, les moments de grâce artistique alternant avec les tracasseries administratives, toute cette pâte forme un mille-feuilles: le journal d'Elisabeth Horem, intitulé "Feu de tout bois", qui relate vingt-cinq années d'une existence hors norme entre 1992 et 2016.

Images et interrogations

Rien d'indigeste, pourtant, dans ces deux tomes de Feu de tout bois. Ce journal nous fait pénétrer dans le cerveau et le cœur d'une écrivaine assaillie de doutes pendant l'écriture de ses romans. On entrevoit les coulisses du protocole diplomatique et l'on savoure la visite du souk d’Alep.
C'est en passionnée de photographie que l'auteure restitue les détails architecturaux d'une maison damascène, les dunes d'un désert traversé ou les plats d'un dîner iranien. C'est en moraliste qu'elle s'interroge sur son statut de femme de diplomate et en critique avisée qu'elle partage ses bonheurs ou ses déceptions de lecture.

«Quand la vie est dangereuse, vous vous sentez beaucoup plus proche de ceux qui vous entourent. Je n'avais pas envie de partir, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps en quittant Bagdad, ce n'est pas si simple.»
Elisabeth Horem, romancière

Hiérarchie versus terrain

La force des liens noués au fil des années et des capitales où elle a séjourné inspire parfois à l'auteure des propos agacés sur les décisions prises par ceux qui sont loin du terrain. Par exemple, à propos de la Syrie: «Notre chef [...] n'aura pas montré beaucoup de considération, c'est peu dire, pour le travail des ambassades».
Son commentaire au micro de la RTS sur le rappel de son mari à Berne en août 2011, même si l'ambassade de Suisse à Damas restait officiellement ouverte: «On l'a rappelé parmi les premiers, un petit peu vite parce que le travail de diplomate, c'est aussi d'essayer de parler, même dans des conditions difficiles, c'est le travail: de mettre aussi un peu les mains dans le cambouis, serrer des mains qu'on n'a peut-être pas envie de serrer mais qu'il faudrait continuer à serrer pour essayer peut-être d'endiguer ce qui se prépare… sans doute que cela n'aurait rien changé [...] disons, on laisse la porte ouverte à ce qu'on a vu maintenant: à partir du moment où on est parti, eh bien, le régime peut reprendre sa vieille image de paria, de tout est permis comme on a vu, c'est terrible».
Feu de tout bois convie le lecteur à cette «étrange expérience que de suivre pas à pas la vie quotidienne d'un autre» selon les propres termes d'Elisabeth Horem: une expérience littéraire, cosmopolite et citoyenne.

GENEVIÈVE BRIDEL,
Site de la RTS

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Quel plaisir, à l'automne, de découvrir le paquet Bernard Campiche Éditeur! C'est un peu Noël avant l'heure. Il y a là six ouvrages, dont deux très gros de neuf cent et mille pages. Cest une compilation de vingt-cinq ans de de vie dans des lieux chargés d'histoire.
Née en Bretagne, Elisabeth Horem entreprend des études de lettres à Paris. Épouse de diplomate, elle le suit dans les différents postes auxquels la Confédération le mandate. Son journal s'ouvre sur leur séjour à Prague. Il est surtout question de la lente gestation d'un premier livre, de ses très nombreuses lectures. Le lecteur eût souhaité davantage de confidences sur cette ville auréolée d'un riche passé. Ses descriptions sont assez sommaires, à dessein puisque son travail d'écriture occupe presque toutes ses pensées. «Le livre, il faut le travailler, le retourner dans tous les sens, une espèce de respiration artificielle du désespoir. Jusqu'à ce que l'on sente qu'il répond.»
À Paris, ils font halte pendant trois ans. Mais c'est surtout à Bagdad que le journal «s'anime». Et pour cause! 2003 est l'année de la chute de Saddam Hussein, ce tyran mégalomane. Images terribles et pitoyables d'un vieux clochard qu'on a découvert dans un souterrain, aéré par un tuyau. Dès lors, cette cité, qui fut la fleur de l'Orient, sombre dans le chaos. Le réveil, c'est le bruit assourdissant des mortiers qui s'abattent sur le quartier. Au fil des mois, la chaleur monte, la tension devient insoutenable.
Le havre de paix, c'est le carré de jardin et cette piscine où l'écrivaine se plonge avec délectation. La maison est surveillée nuit et jour; blindée la voiture qui permet leurs déplacements. Se rendre à l'aéroport, c'est comme jouer à la roulette russe. Et pourtant, Elisabeth aime cette ville, les gens qu'elle côtoie.
Difficile de savoir de quoi sera fait le lendemain. Le quotidien à Bagdad? Tenter de survivre! Les voitures piégées tuent et blessent. La violence enfle comme une rivière en crue. Les enlèvements  et les assassinats sordides sont monnaie courante. Aussi est-ce une prouesse d'organiser une soirée ou un concert. Étonnamment, l'auteure n’est pas en proie à la peur.
Tripoli est la prochaine étape. Les contacts avec la population libyenne sont sporadiques. Les invitations chez les ambassadeurs rythment un quotidien monotone. Très vite, elle en a assez de ces mondanités. Heureusement qu’il y a l'écriture! «Le journal est la texture même de la vie.»
Les monceaux d'ordures le long d'une côte qui pourrait être belle l'indisposent. Et c'est dans le désert qu'elle voit Khadafi, le fantasque, enfourcher un cheval blanc à l'occasion du septième anniversaire de l'Union africaine. Elisabeth vit dans l'attente. Celle d’un nouveau poste. Son mari maîtrise l'arabe. Ce sera Damas.
L'écrivaine est un témoin privilégié de ces événements qui changent la face du monde. Qui a lu les pages sur Bagdad n'en ressort pas indemne.

ÉLIANE JUNOD,
L'Omnibus, 14 décembre 2018

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Feu de tout bois est le journal qu'Elisabeth Horem a tenu pendant vingt-cinq ans au fil des voyages où elle a suivi son mari diplomate.
Y figurent, entre autres, ses notes de lectures diverses, ses commentaires sur les villes où elle s'installe pour plusieurs années (Berne, Prague, Paris, Bagdad, Tripoli, Damas, Doha, Rabat), des considérations personnelles et ses réflexions sur le travail d'écrivain.
Il en résulte une somme de près de deux mille pages, malgré les nombreuses coupures faites par l'auteure avant de publier ce journal; que révèle-t-il de son parcours individuel et familial, de l'état du monde, du statut de femme de diplomate, d'une vie d'observatrice, tout simplement? (…)

SITE DE LA RTS
à propos du passage d’Elisabeth Horem à «Versus-Lire», Espace 2, les 12 & 13 décembre 2018

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Ce journal, qui couvre vingt-cinq ans de la vie d’Elisabeth Horem (de 1992 à 2016), se divise en huit parties portant les noms des villes où elle a vécu, au gré des différents postes de son mari diplomate.
La première partie, assez brève, est intitulée «Berne (1992-1996)» et renferme essentiellement des réflexions sur ses débuts d’écrivain. À partir de «Prague (1996-2000)» mais surtout de «Paris (2000-2003)», ses notes cessent d’être circonscrites au domaine littéraire. Parallèlement à des réflexions sur l’écriture, elles font une place toujours croissante aux contingences de la vie quotidienne, à des récits de voyages, à l’évocation de rencontres, à l’actualité, à des mouvements d’humeur, à des impressions de promenades ou au temps qu’il fait, mais aussi à des épisodes plus personnels.
Dans «Bagdad (2003-2006)», le lecteur retrouvera la matière de Shrapnels ainsi que l’essentiel du texte paru sous le titre Un jardin à Bagdad, augmenté d’autres notes écrites à Bagdad et au cours des voyages faits à cette période (entre autres au Yémen, en Syrie et en Turquie).
 «Tripoli (2006-2007)» présente un tableau de la Libye de Kadhafi, avec des scènes parfois cocasses de la vie des diplomates accrédités auprès de ce leader fantasque et des impressions de voyages dans un pays alors paisible.
La Syrie lui est chère, où elle avait été étudiante à la fin des années soixante-dix. De nombreuses pages de «Damas (2007-2011)» sont consacrées à des voyages en dehors du pays (en Éthiopie, par exemple) mais aussi dans différentes régions de la Syrie, maintenant ravagées par la guerre. On y assiste au début de la révolution, à la montée de la violence et au désarroi des Syriens et de la communauté étrangère.
Son séjour au Qatar est relaté dans «Doha (2012-2015)». L’auteur y livre ses impressions du pays et de la région, avec des récits de voyages en Arabie saoudite, à Oman, en Iran. On y suit également l’écriture de son dernier roman, La Mer des Ténèbres.
Enfin, la dernière partie: «Rabat (2015-2016)», outre des impressions de la ville même, offre surtout le récit d’un long voyage fait à travers le Maroc avant de s’installer en Bretagne où elle vit maintenant avec son mari, ce qu’elle évoque dans l’épilogue de ce journal: «Le retour (avril-décembre 2016)».



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