DELLE PIANE, EMANUELLE



Manifestations, rencontres et signatures
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D’origine italienne et suisse, née à La Chaux-de-Fonds, Emanuelle delle Piane est l’auteur de plus d’une vingtaine de pièces pour adultes et pour enfants, mais aussi de scénarios, de pièces radiophoniques et de nouvelles. Certains de ses textes comme La Monstre, Le Tiroir suivi de L’Armoire, Les Sœurs Bonbon ont été maintes fois représentés. Lauréate de nombreux prix, elle enseigne l’écriture visuelle et théâtrale principalement en France et en Suisse. Elle est également consultante pour différentes sociétés de productions et compagnies théâtrales.
Emanuelle delle Piane ne collabore plus avec Bernard Campiche Éditeur.

Pour en savoir davantage, on peut consulter les sites:
www.dellepiane.ch
ou www.emanuelledellepiane.net

Emanuelle delle Piane
Elle produit son propre miel.
Deux de ses pièces de théâtre sont actuellement à l’affiche, l’une à Vidy, l’autre à Montréal. L’auteure nous ouvre les portes de sa grande maison du Jura français où le jardin accueille quatre ruches.

Rencontre
Pour rencontrer Emanuelle delle Piane, il faut passer la frontière. L’auteure vit depuis huit ans dans un charmant village du Jura français. La maison, qui date de 1865, a vraiment de l’allure. «J’ai eu de la chance de la trouver pour un prix très abordable. Le toit était impeccable et la maison est saine. Et elle a une âme.» Autant dire que l’achat s’est fait sur un coup de coeur. «Je rentrais d’Angleterre et je pensais qu’il était temps que je pose mes valises quelque part. J’ai visité une maison. C’était celle-ci et je me suis dit que ma vie serait ici. Je n’en ai pas visité d’autres.» La maison est très grande. «Elle appartenait à un marchand de vin et une des caves servait de salle de fête pour les habitants du village.»

Enfance
Emanuelle delle Piane a passé sa petite enfance chez sa grand-mère à La Chaux-de-Fonds. «J’ai eu assez peu de contacts avec mes parents qui vivaient à l’étranger. J’avais une enfance différente de celle des enfants de mon âge.» Enfant unique, elle était assez solitaire. «Assez vite, j’ai peuplé mon univers de petits personnages. Ça me plaisait déjà bien de jouer au théâtre Guignol, même toute seule, ou de m’amuser à écrire de petits dialogues. Cette envie de m’exprimer à travers l’écriture est venue assez vite. J’aimais bien ça.» Adolescente, elle rejoint sa mère. «J’ai vécu entre Lausanne et Genève. On a beaucoup déménagé et je ne garde pas de souvenirs particulièrement bons de cette période.»

Cuisine
«Moi, j’aime beaucoup cuisiner. Pas trop quand je suis seule, mais j’aime bien recevoir.» Qui lui a transmis son savoir? «La cuisine m’est venue sans doute un petit peu par ma grand-mère, mais surtout par le fait que je suis très gourmande. Je n’en ai peut-être pas l’air, mais j’adore manger. Je mange beaucoup et il vaut mieux m’avoir en photo qu’en pension.» Elle apprécie la nourriture de tous les jours. «Je n’ai pas forcément des goûts de luxe. Je sais apprécier un bon pain. Je trouve en France des baguettes particulières et je peux faire un repas d’une baguette sans problème.» De ses origines italiennes, elle a gardé un goût pour les pâtes ainsi que pour les tomates qu’elle fait pousser, à côté des rosiers, dans la plate-bande longeant sa maison.

Meubles
Les grandes pièces sont décorées avec goût. Presque chaque meuble pourrait raconter son histoire. «Beaucoup de choses viennent des ruclons. Je n’ai jamais eu trop les moyens. Je m’amuse à réparer, poncer, restaurer, repeindre... Il m’arrive même de récupérer certaines choses que les gens jettent.» Quelques souvenirs aussi. «J’ai sauvé des eaux un ou deux meubles de ma grand-mère, mais vraiment très peu de chose.» Une passion qui est antérieure à l’achat de la maison. «Depuis gosse, je me suis vite attachée à certains objets. Peut-être est-ce lié au fait que j’avais peu de famille. Toute ma vie, j’ai entreposé des objets et des petits meubles dans les greniers et dans les caves de mes copains et copines. En arrivant ici, ça m’a permis de réunir tout ce que j’avais glané durant ces années de pérégrinations.»

Passions
Emanuelle delle Piane peut aujourd’hui réaliser deux de ses rêves: le piano et l’apiculture. «Je me suis remise au piano que j’avais abandonné vers onze ans. J’essaie de jouer une bonne heure par jour. Quand je ne joue pas, ça me manque.» Quatre ruches sont alignées au fond du jardin. «Quand j’ai vu, il y a bien longtemps, le film de Theo Angelopoulos L’Apiculteur, je me suis dit que j’aimerais bien être apicultrice un jour. L’occasion s’est présentée et je l’ai saisie. C’est mon facteur qui m’a initiée, mais maintenant je me débrouille toute seule.» Même s’il lui arrive de temps à autre de se faire piquer.

Actualité
Emanuelle delle Piane a quatre raisons d’être satisfaite. Nathalie Sabato est sur scène avec le spectacle qu’elle a coécrit avec elle (www.sabatoshow.com). Zibou, une pièce pour les enfants, vient d’être jouée pendant trois semaines au Petit Théâtre à Lausanne. Et elle vient de s’envoler pour Montréal où le Théâtre de l’Opsis présente Les Enfants de la pleine lune. «C’est une création. Ce texte a remporté le Prix du public à la Comédie-Française.» Enfin, la pièce Amours chagrines, montée à Nuithonie, sera à l’affiche du Théâtre de Vidy. «Ça me fait plaisir, mais c’est presque trop d’un coup... On passe par de longues périodes de disette puis tout vient en même temps.»

Nature
Après avoir vécu à Londres, à Rome et près de dix ans à Paris, l’auteure a retrouvé la nature. «Ce retour au vert me fait beaucoup de bien. La nature est riche et amène ses rituels. L’automne, je vais aux champignons.» Une belle cueillette de trompettes-de-la-mort sèche dans une des pièces. «Je vais aussi ramasser des petits fruits ou tout simplement me balader en forêt. J’ai de bons contacts avec le village. Le facteur m’a initiée à l’apiculture, la pharmacienne m’a appris à reconnaître les champignons. Je suis ravie de pouvoir apprendre de nouvelles choses.»


Portrait
Parcours
Emanuelle delle Piane est née le 24 décembre 1963 à La Chaux-de-Fonds. Auteure de nouvelles et de pièces de théâtre, elle est lauréate de nombreux prix.

Voyages
«J’ai beaucoup voyagé et j’ai toujours aimé aller à la découverte. À quatorze ans, je suis partie toute seule en Grèce, ma mère était assez permissive.»

Théâtre
«J’ai découvert le théâtre à La Chaux-de-Fonds grâce aux représentations scolaires du TPR. Adolescente, j’ai pu accompagner ma mère à Lausanne ou à Genève.»

Écriture
«C’est stimulant d’écrire pour un metteur en scène ou des comédiens. J’aime partager et j’ai envie d’offrir des histoires à un public.»

Suisse.
«Si j’étais restée en Suisse, je ne serais allée ni à Genève ni à Lausanne. Je n’ai pas beaucoup d’affinités avec les grandes villes suisses.»

Italie.
«C’est la patrie de mon père. J’ai toujours eu beaucoup d’affection pour ce pays, même si c’est le chaos. J’aime l’humour des Italiens et leur sens de la dérision.»

Alphabet.
Elle se sert bien sûr des lettres de l’alphabet pour l’écriture. «Quand je n’arrive pas à écrire ou que je suis en panne, je brode des abécédaires.» Il y en a plus d’un dans la maison.

ANNE-MARIE CUTTAT
, Coopération


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